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Bollog chauffeur de taxi

Droits d'auteur ©nikibar.com 2006 - Reproduction, traduction, adaptation, interdits sans le consentement de l'auteur.

Pensez-vous, comme moi, que les chauffeurs de taxi sont des gens à part ? Il m'arrive de temps en temps d'avoir besoin de leurs services et c'est toujours avec appréhension que je m'y expose. N'y aurait-il pas des traditions, des rituels que les anciens transmettent aux jeunes et qui se perpétuent d'une station de taxi à une autre, d'une ville à une autre ?

Je m'imagine parfois qu'il s'agit d'une secte hautement fermée, qui recrute ses membres d'après un modèle immuable. Le gourou est certainement un type influent et plein de pouvoirs.
Ceci expliquerait pourquoi, lorsqu'on voyage en taxi, on se retrouve presque à chaque fois englouti dans le même scénario.
Vous montez à peine dans le taxi que, déjà, cela commence :
- 'Jour Madame... Vous allez où ?
Si votre direction ne lui plaît pas, il va démarrer aussi sec en vous laissant en plan sur le trottoir. Mais, futée comme vous l'êtes, vous vous dépêchez de vous asseoir et de refermer la portière avant de lui énoncer votre destination. Vous venez de remporter le premier round, mais le match est loin d'être fini. Voici sa deuxième attaque :
- Vous payez combien d'habitude ? 200 euros, ça vous va ? demande Bollog d'un ton badin.
Vous rigolez un peu, qu'est-ce qu'il croit ?
« Le compteur, s'il vous plaît ! »
Il est déçu mais ne s'estime pas encore battu. Il a d'autres cartes dans sa manche et voici le round le plus décisif :
- Quel trajet préférez-vous ?
Heureusement, la veille, vous avez soigneusement planché sur tous les itinéraires possibles, vous avez étudié chaque sens interdit, et vos amis vous ont même indiqué des détails probants. Sûre de vous, vous lui dites :
- Prenez la rue de la Gare, bien entendu !
- Ah ? Et je continue jusqu'au coin du boulevard Victor Hugo ?
C'est un traquenard, attention...
- Jamais de la vie ! Au carrefour, vous tournerez à droite jusqu'à l'avenue Charles de Gaulle.
- Bon, bon, pas la peine de vous énerver !
Un grand classique, ça : dès que vous dites quelque chose à un chauffeur de taxi, il s'énerve et vous dit de ne pas vous énerver. C'est énervant mais c'est ainsi ! Là, Bollog essaiera une nouvelle fois de vous coincer :
- Après l'avenue Charles de Gaulle, vous préférez que je passe par l'école ou par le local des scouts ?
Encore un piège, et de taille celui-ci ! Aucune carte routière n'indique ces deux endroits. Quelle chance d'avoir été mise au courant par la copine chez qui vous vous rendez ! Vous répondez, du ton de l'institutrice admonestant l'enfant qui a mal révisé sa leçon :
- Ohhh ! Voyons... le local des scouts est en sens interdit...
La déconfiture du chauffeur est incommensurable. Son menton s'est courbé vers le plancher et il ronge son frein en roulant à l'allure d'une limace anémique. Piètre vengeance qui ne vous émeut nullement. Contente de votre petit succès, vous décidez d'abattre votre joker :
- Vous prendrez ensuite la rue où est l'épicerie du vieux Vincent... Je descendrai là, j'en profiterai pour faire des courses. Il n'y a que chez lui que l'on trouve des petites brioches que sa femme prépare elle-même. Elles sont délicieuses, j'en achète presque tous les jours...
Et, satisfaite de lui en avoir bouché un coin, vous vous renfoncez confortablement sur votre siège. Il ne pourra plus essayer de vous mener en bateau maintenant !
Mais... qu'arrive-t-il donc à Bollog ?
Il s'est redressé, son menton pointe maintenant vers l'horizon et, tout réjoui, il vous décoche en ricochet par son rétroviseur un monstrueux sourire vainqueur :
- Le vieux Vincent a pris sa retraite le mois dernier... Et toc !
Voilà ! Incontestablement, il a été le plus fort... Vaincue, vous ne dites plus rien. Le compteur tourne à une folle vitesse pendant que Bollog, heureux comme tout, vous fait faire la visite de la ville pour la quatrième fois ; et il n'est pas prêt de vous lâcher de sitôt...

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escargot-taxi

"Une fripouille est un opportuniste qui utilise la crédulité des gens pour les manipuler et qui sait en tirer profit à grandes doses de mauvaise foi. Un bollog, quoi...">


Opportunisme :
D'après Larousse, le mot opportun est issu du latin opportunus qui signifie "qui conduit au port".
"L'opportunisme est l'attitude consistant à régler sa conduite selon les circonstances du moment, que l'on cherche à utiliser toujours au mieux de ses intérêts."
Alors, pourquoi "qui conduit au port" ? Y a-t-il un rapport avec "bien mener sa barque" ou savoir "d'où souffle le vent" ?
En tout cas les opportunistes arrivent souvent à bon port et se fichent bien de ceux qui se sont noyés en leur servant de bouée...
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