Le déni : ce qu’on ne veut pas voir...
Qu’est-ce que le déni ?
Le déni n’est pas un simple oubli. C’est un refus actif — souvent inconscient — de reconnaître une réalité trop difficile à accepter.
Ce peut être une douleur qu’on ne veut pas entendre, une injustice qu’on préfère ignorer, ou une différence qui dérange.
Le déni protège. Il fabrique une illusion de normalité. Il dit : “Je ne veux pas que ce soit vrai, donc ce n’est pas vrai.”
Mais en se protégeant, il ferme la porte à l’autre.
L’empathie, c’est ouvrir la porte
L’empathie, au contraire, commence par un mouvement d’ouverture.
C’est regarder, ressentir, accueillir — même si ça fait mal, même si ça dérange.
Ce n’est pas “comprendre” dans un sens intellectuel, mais sentir avec.
Là où le déni fait taire, l’empathie écoute.
Là où le déni détourne le regard, l’empathie soutient les yeux dans les yeux.
Là où le déni fige, l’empathie crée du lien.
Entre les deux : rejet, peur, indifférence
On pourrait penser que le contraire de l’empathie, c’est la cruauté. Mais souvent, ce sont des formes beaucoup plus silencieuses :
- Le rejet, qui nie l’existence de l’autre.
- L’indifférence, qui ne voit même pas qu’il existe.
- La peur, qui empêche d’approcher.
- La fuite, qui évite le malaise de ressentir.
“Je ne veux pas voir ce que tu es, car cela me touche trop, ou m’effraie trop.”
Pourquoi c’est important pour les autistes (et pour les autres)
Quand on est autiste, on est souvent confronté au déni des autres.“Ça ne se voit pas.”
“Tu fais exprès.”
Le déni social rejette une réalité qu’il ne comprend pas.
Mais l’autiste peut aussi vivre dans une forme de déni de ses propres besoins, par suradaptation, par peur du rejet, ou par méconnaissance de soi.
Nommer les choses, les regarder ensemble, c’est sortir du déni. C’est le premier pas vers l’acceptation de l’autre et de soi.
« Il faut toujours dire ce que l'on voit :
surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l'on voit. »
— Charles Péguy
