L’autiste qui ressemble à tout le monde
Il y a des autistes, des TED de toutes sortes, et il y a des gens « normaux » qu’on appelle aussi des neurotypiques.
Comment un autiste qui ressemble à tout le monde peut-il expliquer à des gens dits normaux que leurs fonctions cognitives sont différentes ?
- Quand il parle de la douleur qu’un bruit peut susciter, ils disent : « Je comprends… moi non plus je ne supporte pas le bruit ! »
- Quand il parle de son anxiété d’aborder une situation nouvelle, ils répliquent : « Je comprends… Pour moi aussi, c’est terrible ! »
- Quand il parle de son manque de discernement de l’espace et du temps, ils disent : « Je comprends… moi aussi j’ai souvent du mal à me repérer ! »
- Quand il parle de la difficulté de suivre une conversation lorsque plusieurs personnes parlent à la fois, ils s’exclament : « Je comprends… moi, c’est tout pareil ! »
- Quand il parle de ses peurs, du malaise du regard, de la gêne des étiquettes, du supplice des images rapides, de décalage, de la bulle opaque, de l’incompréhension, de l’isolement, du rejet, ils répondent : « Je comprends… mais, bah ! ce n’est rien, ça arrive à tout le monde. Faut que tu fasses des efforts…, faut surmonter ça…, faut pas être susceptible comme ça…, faut pas le prendre comme ça…, faut pas réagir comme ça…, etc. »
- Quand il dit que le bleu – la couleur bleue – est pour lui le chiffre 84, ils se taisent. Ils comprennent enfin qu’ils ne comprennent pas.
Comment communiquer avec cet autiste qui ressemble à tout le monde ?
Dans le meilleur des cas, il sera jugé « extravagant ».
Dans le pire des cas, il sera classé débile ou malade mental.
En général, on évitera de le côtoyer : il ne ressemble vraiment à personne.
Alors, gens « normaux », acceptez le fait que vous ne comprenez pas toujours, que la dimension de votre monde ne coïncide pas systématiquement avec celle des autistes – quels qu’ils soient.
Si vous y parvenez, sans doute pourrez-vous améliorer la communication.