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MAIS OÙ SONT PASSÉES MES CHAUSSETTES ?

Dr Jacky Bronstein


Pour notre troisième voyage avec Rita (1), la consigne était "le moins de bagages possible", ceci afin de faire un envoi groupé, pas trop lourd et surtout, nous laisser de la place pour nos achats.
Ceci fut suivi à la lettre, en tout cas par moi.
chaussettes propres
Je les lavais
tous les soirs...
Pour vous donner un exemple, je ne pris qu'une paire de chaussettes...

Je les lavais tous les soirs, les séchant au sèche-cheveux, lorsqu'il y en avait ; et c'est ainsi que, chaque matin, mes chaussettes sentaient le doux parfum des savonnettes.
Mon premier problème survint à Taschkent
Longue attente à Tashkent
Longue attente à Tashkent
(2), que je ne me lasse pas de visiter, à chacun de nos voyages, tant son atmosphère orientale me séduit, hum, hum !
Mais là, comme il s'agit d'un pays musulman, et étant respectueux des us et coutumes, j'ai cru de mon devoir, de me déchausser en descendant de l'avion.
Malgré la neige et une température au dessous de zéro, je marchais vers les salons cossus... mes chaussures à la main.
Renseignements pris, ce n'était pas nécessaire. Et me voilà, les pieds comme des esquimaux. Que faire ? Pas d'endroit où faire sécher mes pauvres chaussettes.
Je vais attraper la crève !
liqueur aux oeufs
Claudine Hattab m'achète
une liqueur aux oeufs
Heureusement, Claudine (pas la mienne, ni celle de Claude, mais celle de Jocelyn) repère, au duty-free, une bouteille de liqueur aux oeufs (3), qu'elle me fait avaler, vite fait, bien fait.
Ayant bu une demi-bouteille, je sentis soudain, une douce chaleur m'envahir de la tête aux pieds.
Au bout de six heures d'attente, (merci Rita, d'avoir fait retarder notre envol...) - mes chaussettes avaient séché.
un point rouge
un point rouge
entre les yeux
Rien à dire sur le vol jusqu'à Dehli, la new, pas la old... On arrive crevés, épuisés. On nous fait descendre dans un affreux boui-boui, où nous pourrons prier et boire un café.
Je remercie le ciel, pendant ma prière, de n'avoir pas eu à me déchausser pour aller du bus au café, car, premier choc culturel, nous prenons conscience que l'Inde n'est ni Singapour, ni le Japon, et que les détritus dans les rues, font partie de la culture du lieu.
un collier de fleurs ET un point rouge entre les yeux
un collier de fleurs ET un point rouge
entre les yeux
un collier de fleurs ET un point rouge entre les yeuxTrois heures de bus, - sur une "autoroute" à deux voies, encombrée de camions klaxonneurs, de vaches en liberté – pour atteindre notre premier hôtel, où nous sommes accueillis à l'indienne, chacun de nous recevant un collier de fleurs ET un point rouge entre les yeux ; ce qui me fait penser à un règlement de compte : une balle entre les deux yeux et tu es mort !
N'aimant pas ce signe "religieux" hindouiste, je demande à la préposée, mignonne petite indienne bronzée, si elle ne peut pas plutôt me mettre ce point rouge, sur mes chaussettes, pour les préserver du mauvais oeil. Elle ne comprend pas... mes chaussettes non plus !
Et chaque jour, lors de chaque visite, nous nous plions au rituel du déchaussage.
Mes chaussettes râlent comme des putois, et pour me punir, s'inbibent de tous les microbes et virus qui traînent sur le sol.
Taj Mahal
Au Taj Mahal, mes chaussettes
sont impressionnées
Et tous les soirs, même rituel du lavage. Au Taj Mahal, mes chaussettes sont impressionnées... quand même !
ces petites bêtes
Ces petites bêtes...
De châteaux en palais, de palais en forteresses, que nous visitons à dos d'éléphants : inoubliable ! Surtout pour moi : pour accéder au dos de ces petites bêtes, il nous faut marcher jusqu'à un escalier, qui va nous permettre de grimper sur le dos de ces adorables animaux. Mais ceux-ci ont un défaut, disons un manque de savoir-vivre : ils font leurs besoins là où nous marchons ; et évidemment, ce qui devait arriver, arriva... l'oeil vissé sur mon appareil de photo, je ne vis pas où je marchais, et mon pied droit sentit soudain qu'il s'enfonçait dans quelque chose de mou et chaud... Ma chaussette poussa un cri d'horreur ; mes baskets aérés et plein de trous, venaient de laisser passer une bouse d'éléphant, autrement plus imposante que les bouses de vache que nous rencontrions à chaque coin de rues et sur les trottoirs.
Un sac de plastique fit l'affaire ; ma chaussette droite furieuse, se laissa enfermer jusqu'au soir, dans ma poche.

trempette dans le Gange : purification    Gange    Gange

Trempette dans le Gange : purification

Je passe rapidement sur Varannasi (Bénarès), où le Gange sacré répare les fautes des hommes, à condition que l'on s'y trempe.
Sur la barque où on nous fit embarquer, je décidais de me déchausser et de plonger mes pieds dans cette eau glauque, vectrice d'excréments et de cendres de corps brûlés, dans cette eau sacrée et miraculeuse, qui devait absoudre mes pêchés. Mais lorsque mes pieds furent secs, je m'aperçus que mes chaussettes faisaient la gueule et refusaient de laisser passer mes pieds, rendus pourtant saints.
Elles avaient raison : le lendemain matin, mes pieds étaient pustuleux et suitants d'une horrible manière.
Jean-Paul m'achète encore des crêmes
Jean-Paul m'achète encore des crêmes
Heureusement, notre pharmacien de service, Jean-Paul, avait amené avec lui la moitié de sa pharmacie ; ses crèmes et pommades vinrent à bout de l'infection en quelques jours.
Ce n'est qu'au bout du voyage, à Dehli, la New, que, cédant aux prières quadri-quotidiennes de mes chaussettes, je décidais d'en acheter une autre paire, malgré la peur du sur-poids.
Je trouvais de belles chaussettes, toutes belles, toutes noires, soyeuses, magnifiques, bien emballées dans de la cellophane indienne, bref un amour de chaussettes.
Hélas, en montant dans le dernier bus du voyage, je perdis, dans un moment d'inattention, ce beau trésor, que personne ne retrouva.
Je me suis laissé dire que le forfait avait été perpétré par une personne seule, toujours assise au premier rang du bus (comment faisait-elle pour ravir cette place si convoitée, aux Korchia et aux Stern, spécialistes pourtant éprouvés de la chasse au premier rang ?) et qui ne supportant plus d'entendre parler de chaussettes, les auraient fait disparaître...
Elle voulait qu'on ne parle que d'elle au singulier (4).

Z'auriez pas retrouvé mes chaussettes ?

Jacky

Écrit mardi 23 mars entre 19h et 20h,
pour honorer nos hôtes Mala et Jean-Paul Heyman, que nous remercions tous.

Sans chaussettes...

Enfin, pour mettre les choses au point, seul l'achat d'une paire de chaussettes en fin de voyage n'est pas pure fiction.

Photos du voyage en Inde - MEDIF 2010

(1) Rita, notre bien-aimée chef de groupe
(2) Passage obligé (par notre agence) des vols vers l'extrême-orient, car moins chers "Ouzbekistan Air Line", nous obligeant à des heures d'attente insupportables, pour les correspondances.
(3) Au cas où vous le le sauriez pas, j'adore. À bon entendeur, salut.
(4) Josette, avec l'accent alsacien, se prononce "Chaussette"... (et lorsque vous vous appelez Josette Drouet, ça donne "Chaussette trouée" dans les rues de Saverne...)

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