"Dialogue entre deux mondes"
Douzième volet
Les bébés naissent-ils avec des super-pouvoirs ?
Et si l'on osait croire que les tout-petits savent bien plus qu'on ne veut le croire ?
Que leur regard, bien qu’encore flou, perçoit ce que les nôtres ont appris à ignorer ?
Quand les bébés plongent sans peur : le réflexe d’immersion
On dit parfois que le bébé, à la naissance, sait nager. Ce n’est pas tout à fait faux.
Le "réflexe d’immersion" chez les nourrissons, observé dans les premiers mois de vie, permet à un tout-petit de bloquer naturellement sa respiration sous l’eau et de faire des mouvements de nage instinctifs.
Ce réflexe disparaît avec le temps… comme tant d'autres.
Un trésor caché chez les tout-petits ?
On dit aussi qu’un très jeune enfant est capable d’apprendre plusieurs langues étrangères sans les mélanger, d'en absorber les sons, les structures, les rythmes, avec une aisance que l'adulte ne retrouvera jamais.
Loin d’être une ardoise vierge, le nourrisson est un terrain fertile, prêt à accueillir, à décoder, à inventer.
Alors pourquoi lui parle-t-on « bébé » ?
Pourquoi, au lieu de lui présenter des idées riches, stimulantes, l’inonde-t-on de mièvreries sonores ?
Par commodité ? Par ignorance ? Par peur ?
Et si tous les bébés étaient, à leur manière, des "surdoués" ?
Dotés de capacités fulgurantes mais éphémères, que notre monde ne sait ni reconnaître ni préserver ?
Ce n’est pas un plaidoyer pour une hyper-stimulation scolaire de la crèche à la sieste.
Mais peut-être faut-il alerter, éveiller, proposer : une autre pédagogie, plus respectueuse, plus ambitieuse, plus confiante.
Les bébés savent déjà
Pourquoi tant de potentiels s’éteignent-ils avant même d’avoir eu le droit de scintiller ?
À la naissance, le cerveau contient déjà environ 100 milliards de neurones. Mais ce n’est pas le nombre qui compte le plus.
Ce sont les connexions entre eux — les synapses — qui permettent de penser, de sentir, de comprendre.
Pendant les premières années, ces connexions se multiplient très vite. Et surtout : elles dépendent de ce que l’enfant vit.
Un bébé qui est regardé, touché, écouté, entouré de langage et d’affection… va créer plus de connexions utiles.
À l’inverse, certaines connexions disparaissent si elles ne sont jamais utilisées.
C’est pour cela que les premières années sont si importantes : le cerveau se construit à partir de l’expérience.
Naît-on tous surdoués ?
Le don, parfois, existe.
Mais ce n’est qu’une graine. Le génie naît de l’attention, de l’intérêt, de la confiance, du soutien qu’on lui porte, de la patience qu’on lui accorde.
Mozart en est l’illustration : un père exigeant, un bain de musique, un environnement propice. Et une étoile qui brille très tôt.
Ce qui soulève la vraie question : d'où vient le don ? Est-il inné ? Résultant de milliers d’expériences accumulées par l’espèce ?
Est-ce un vestige, un fragment de mémoire antérieure, un héritage pré-verbal, pré-social, pré-instruit ?
Le génie oublié des tout-petits
Certains pensent que l’on perd en grandissant certaines perceptions extra-sensorielles. Des intuitions, des formes de télépathie, des accès non rationnels à des informations ou des émotions.
Peut-être qu’autrefois, cela était courant. Normal, même.
Le monde moderne, cartésien et moqueur, a renvoyé tout cela du côté des dames Soleil ou de la science-fiction.
Mais si on ouvrait une petite brèche dans le mur ?
Peut-être qu’avant d’être instruits, nous savions.
Peut-être que les enfants portent encore en eux la trace de cette mémoire vaste et oubliée.
Peut-être que nous avons éteint une lumière qui demandait juste un souffle.
Il ne s’agirait pas de rallumer un feu d’artifice.
Mais juste… de ne pas souffler trop tôt sur la flamme.
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