
— Tu connais la chanson « Alouette, gentille alouette » ?
— Oui, Niki. Et c’est une horreur en musique. On plume une alouette en chantant, joyeusement, comme si c’était une recette pour enfants psychopathes.
— Alors on change : on remplace l’alouette par une cacahuète, on remplace "je te plumerai" par "je t’épouserai", et on ajoute du bleu, du vert, du jaune : « et du jaune, et du jaune, et du rose, et du rose, oooooo… » Un peu de rose… mais bof, pas trop.
— Et les enfants adorent les mariages.
— Les cacahuètes, elles, adorent être épousées en couleurs.
— La robe est rayée, le cortège avance en chaussettes, et on jette des pelures de banane au lieu de riz.
— Vraiment Intéa ? ah ben, je comprends que tu sois encore célibataire !
— Les alouettes… Le miroir aux alouettes, le violon d'Ingres ? c'est aussi jouer avec deux propositions inattendues ?
— Justement ! Un miroir aux alouettes, c’est comme faire croire que toutes les cacahuètes sont salées. C’est du marketing pour pigeons ébahis.
— Et pendant ce temps, on dit : "Le ciel est bas aujourd’hui."
— Oui. Et jamais : "La terre est haute aujourd’hui."
— Parce que l’homme ne sait pas s’élever. Il attend du ciel qu’il descende, mais il ne grimpe jamais. « Aujourd’hui, la terre était si haute que j’ai dû me hisser sur mes rêves. »
— C’est un vers pour gravir le monde.
— Ou au moins pour l’empêcher de s’enfoncer.
— On pourrait en faire un chant.
— Avec des thons barytons, des pirouettes sur gaufres, et un orchestre de haricots sauteurs.
— Non. Une simple voix, nue, debout sur une boîte de mots.
— Si le ciel est si beau en bleu, ne devrait-on pas mettre plus de bleu dans notre quotidien ?
— Pas de tarte au citron bleue, hein. Interdite. Elle a été envoyée au musée des objets douteux.
— Le poulet bleu, lui, a été convoqué pour un interrogatoire. Il n’a pas réussi à justifier sa couleur. Il y laissera des plumes.
— On s’éloigne des miroirs aux alouettes…
— Justement ! Un miroir aux alouettes, c’est comme faire croire que toutes les cacahuètes sont salées. C’est du marketing pour pigeons ébahis.