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Koans

Niki Vered-Bar

Qu'est-ce qu'un koan ?
koan

Un koan (ou kôan) est une énigme, une phrase étrange, un paradoxe zen que l’on ne peut pas résoudre avec la logique.
Il ne s’explique pas : il se vit.
Il ne répond pas : il questionne.

Au Japon, les moines s’en servent pour méditer, pour désapprendre, pour sentir au lieu de comprendre.
Le koan, dans la tradition zen, est une énigme sans réponse logique, une étincelle pour désarmer l’intellect.
Un koan, ce n’est pas « Que faire ? », c’est : « Qui suis-je quand je ne fais rien ? »

Par exemple :
−  Quel est le bruit d’une seule main qui applaudit ?
−  Quand tu atteins le sommet d’une montagne, continue de grimper.
−  Si tu croises le Bouddha sur la route, tue-le.

Ces koans-là sont célèbres.
Mais il en existe d’autres, moins sages, plus déviés.

Ici, tu entres dans un espace flottant entre sagesse absurde et vérité farceuse.
Le koan devient aussi un clin d’œil, une pirouette de l’esprit, un saut dans le vide... éclairé d’un sourire.

Ce sont ces koans, absurdes, poétiques, drôles, ou simplement… possibles qu’on a décidé de recueillir sur cette page.

Pour attraper le silence, il faut bannir l’écho.
→ Mais l’écho s’accroche, le bougre.
Pour vivre heureux, n’y pensez même pas.
→ Le bonheur fuit la pensée qui veut le capturer.
Si la lumière s’éteint, la parole est d’or.
→ Quand tout s’efface, peut-être reste-t-il encore un mot.
−  Être ou ne pas être ?
−  D’accord !
Le navire leva l’ancre, et le port prit l’eau.
→ Méditation pour les jours où l'on croit partir, mais que c’est le monde qui coule.
−  Avant de naître, qui sommes-nous ?
−  Avant de vivre, on ne vivait pas.
→ Koan des origines : impossible à répondre sans traverser l’étoffe du monde.
C’est en prenant du recul qu’on avance le plus vite.
→ Koan du mouvement inversé : voir loin, c’est parfois faire un pas en arrière dans l’étoffe du temps.
Pierre qui roule… et alors ?
→ Koan du refus de la leçon toute faite.
Comment dit-on à un jeune crabe de filer droit ?
→ Personne n’a jamais eu la réponse, pas même Bouddha.
Un volcan fait le ménage : "lave et suie".
→ Tout feu tout flamme, la poussière ne fait pas long feu.
Le coton-tige ne l'entend pas de cette oreille.
→ L’autre oreille, elle, médite en lotus.
Si tu ne fais rien, ne le fais pas ou fais-le bien.
→ Koan du paradoxe actif : l’inaction devient un art, à condition de l'accomplir totalement.
Pour rester jeune, reculez.
→ Le temps se plie peut-être mieux en arrière.
Je me tais, et l’écho répond.
→ L’ultime dialogue entre deux absents.
Pour qu’un rond soit carré, faut-il le soudoyer ? »
→ Le géomètre se gratte le menton. Le cercle, lui, ricane en douce.
Pour te rattraper, marche plus vite.
→ Un vertige temporel digne de Sisyphe équipé de rollers.
Pour que la mayonnaise prenne, faisons une omelette.
→ Une erreur culinaire élevée au rang de sagesse cosmique.
Il n'y a qu'un pas à faire, c'est l'autre.
→ Là, on touche au sublime. C’est presque du Beckett.
Quand tu te retournes, regarde toujours devant toi.
→ L’éclair. Le paradoxe. L’élégance.
Si l’on met plusieurs silences ensemble, cela fera-t-il du bruit ?
→ Koan des échos endormis.
À l'école des petits trous noirs : "un trou + deux trous = un trou."
→ Koan pour trous noirs en culottes courtes !

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