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VIETNAM 2008 - JOURNAL DE BORD

24 Novembre – 11 Décembre 2008
Dr Jacky Bronstein

Bangkok  | Hanoï  | La Baie d'Along  | Le Palais de la littérature  | Le Mausolée d'Ho Chi Minh  | La Pagode au pied unique  | L'hôpital Saint-Paul  | Sapa  | Le village d'une ethnie  | Le marché de Bac Ha  | Lao Cai  | Da Nang  | Hoï An  | Hué  | La Cité Interdite  | Saigon  | Le Palais de la réunification  | Le delta du Mékong  | Shanghai  | La Piste Ho Chi Minh et les tunnels de Cu Chi  | Le temple Caodaïste de Tay Ninh  | Le Cambodge  | Les temples d'Angkor  | Le Bayon et la terrasse des éléphants  | Le temple de Ta Prohm  | L'hôpital de Siem Reap  | Escale à Tachkent
-  Allo, les Bronstein ? C'est Dani. J'ai un projet de voyage à vous proposer...
-  Merci, tu es gentille, mais tu sais que nous venons de rentrer du Canada ; on ne peut pas repartir tous les deux mois !
-  Écoute, Shai-Bar-Ilan nous propose un voyage au Vietnam à la place de l'Amérique du sud ; c'est bien moins cher, et surtout, on a déjà un petit groupe sympa ; et, évidemment, c'est Rita qui nous emmène.
-  C'est sympa, on va réfléchir. Envoie-moi le programme.


Quelques jours plus tard :

-  Alors, ça vous tente ?
-  Bien sûr, et puis on se dit que tant que nous en avons la santé, il faut en profiter. Mais dis-moi Dany, un sujet me chiffonne : la compagnie Ouzbékistan Air Line, tu as vraiment envie de l'utiliser ? Moi pas ! Je n'ai pas envie de confier ma vie à un pilote... ouzbek. Ils doivent avoir de vieux coucous... je préfèrerais El Al.
-  T'inquiète pas, Rita a déjà volé quatre fois avec ; c'est une bonne compagnie.

 
Et c'est ainsi que, pressés par les déjà inscrits, nous nous sommes laissés tenter par cette nouvelle aventure. Et je vous le dis déjà à l'avance, nous ne regrettons pas notre décision. 

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Lundi 24 novembre 2008

Nous nous retrouvons lundi, à 10h, au bas de notre immeuble, à attendre le taxi minibus qui doit nous amener à Lod ; Nous sommes les derniers à monter ; sont déjà là : Dani et Haïm Cohen, Irène et Jacky Kandel, Martine et Gérard Korchia, Claudine et Jocelyn Hattab, et nous, Claudine et Jacky Bronstein.
Rita Silber, notre chef de groupe
Rita Silber, notre guide bien-aimée...
Une heure plus tard, nous retrouvons Rita, notre guide bien-aimée, avec son sourire éclatant, tout étonnée que nous soyons parfaitement à l'heure.
Quelques minutes après nous, arrivent  de Jérusalem nos bons copains, Jean-Paul et Mala Heymann, Lydia Chocron. Nous faisons connaissance de deux nouveaux couples, fort sympathiques, qui se joignent à nous : Elyeth et Paul Bettan de Naharia, et Aline et Edmond Mizrahi de Jérusalem. 
Première mission : elle nous distribue une bouteille de vin, à mettre dans nos valises. Nous pourrons ainsi faire kiddouch et arroser nos repas de shabbat, pendant tout notre voyage.
Nous recevons également la célèbre casquette bleue et jaune, qui est bien utile pour ne pas nous perdre dans la foule vietnamienne ; et non pas un sac à roulettes, comme pour le voyage en Chine, mais un modeste sac-porte documents : le temps des restrictions touche également Shai-Bar-Ilan. 

14h20 : nous décollons pour Tachkent, passage obligé d'Ouzbékistan Air Line.
Et, oh surprise ! nous nous retrouvons dans un avion moderne, avec de la place pour nos longues jambes. Un repas cacher israélien nous est servi ; puis nous essayons de nous endormir, sachant que le voyage sera long et fatigant.
Nous arrivons à Tachkent après plus de 6 heures de vol. Il est 20h30.
Nous devons attendre trois heures avant de reprendre un autre vol pour Bangkok.
Rita collecte nos passeports pour nous faire transiter collectivement, ainsi que nos bagages. Les autorités locales, ne sont pas d'une amabilité occidentale, et Rita s'énerve.
Pendant ce temps, nous sommes affalés sur les sièges métalliques glacés et inconfortables. Il n'y a ni cafés, ni boutiques et nous prenons notre mal en patience, somnolant sur nos sièges.

Bangkok

Nous reprenons un nouvel avion qui nous amène en six heures à Bangkok.
Il est 8h du matin pour nous. Cinq heures de plus heure locale. Qu'allons-nous faire pendant quatre heures dans ce magnifique et gigantesque aéroport ? Tout d'abord, nous rencontrons Janine et Claude Riveline, venus directement de Paris, avec qui nous faisons (ou refaisons) connaissance et qui s'intègrent aussitôt à notre groupe.
LE GROUPE SE PRÉSENTE :

Le groupe se présente...
  
Nous profitons de cet arrêt prolongé pour visiter les lieux : magnifiques duty-free, cafés et surtout, salons de massage, que nous découvrons un peu tard ; nous optons pour un massage plantaire d'un quart d'heure, nous promettant de faire plus à notre retour. Ce massage provoque une détente et un bien-être inconnu de nous ; on se sent léger en repartant. À conseiller. 

Nous nous retrouvons au complet à l'enregistrement.
Deux heures de vol, sur Vietnam Air Line, sans repas cacher : pas bien grave.

Hanoï

Et nous atterrissons à Hanoï. C'est avec une certaine émotion, que nous abordons cette "Terra incognita", pourtant si bien connue des gens de notre génération. Les guerres du Vietnam ont accompagné notre jeunesse, et tant de noms de lieux connus nous rappellent ces événements sanglants. Nous somme dans la capitale communiste du Vietnam du nord...
En fait de communisme, nous serons déçus de n'en plus trouver trace.
L'économie de marché oblige, le Vietnam réunifié se mondialise, se modernise et accueille les touristes avec un sourire et des attentions touchantes, dignes d'un pays capitaliste.
L'hôtel Bao son, où le bus nous dépose, est moderne, d'excellent standard. Nos chambres sont spacieuses, avec un salon séparé et une vue sur une grande avenue.
Nous sommes effarés par la circulation : peu de voitures, mais une quantité effrayante de velo-moteurs et de scooters, déferlant dans un bruit assourdissant, vers nous pauvres piétons, qui devons éviter cette armada qui n'a que faire des passages piétonniers. Traverser la rue est un danger vital. Nous apprendrons bien vite à le gérer, en nous lançant, après une courte prière, vers le trottoir d'en face. 

Après avoir installé nos valises et fait une courte toilette, notre guide nous fait monter dans le bus ; direction le restaurant vietnamien typique d'un quartier d'Hanoï ; Rita est déjà là depuis plus d'une heure.
restaurant à Hanoï
Premières agapes...
Elle a amené vaisselle, casseroles, chaudrons et papier alu, et veille à la préparation du dîner qui sera délicieux et parfumé :  Poissons divers, riz, salades, eggrolls, pâtes de riz.
Nous avons l'impression de manger tareif tant c'est bon et différent de ce que nos palais occidentaux connaissent.  

Spectacle de marionnettes
Spectacle de marionnettes à Hanoï
Après ces premières agapes, que nous partageons avec le groupe frère anglophone, Rita nous réserve une surprise : un spectacle de marionnettes sur l'eau, très apprécié des Vietnamiens car très ancien (un peu leur Comédie Française), mais beaucoup moins de nous.
Au théâtre de marionnettes, un spectateur passionné
Au théâtre de marionnettes,
un spectateur passionné
  Nous sommes si fatigués que beaucoup d'entre nous s'endorment, bercés par la musique extrême-orientale que nous distillent de belles musiciennes maquillées.

*

En rentrant à l'hôtel nous apprenons, par Internet, que de violentes manifestations secouent la capitale thaïlandaise et que des milliers de manifestants bloquent l'aéroport que nous avons quitté quelque heures plus tôt. Pas un avion n'atterrit ni ne décolle !  Nous avons échappé, à quelques heures près, à une souricière. Ceux qui s'y sont laissés prendre y resteront entre trois et cinq jours, comme un autre groupe de Shaï-Bar-Ilan, parti de Lod quelques heures après nous.  

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Mercredi 26 novembre.

Rita est sans pitié. Nous devons être dans le bus à 7h30. La Baie D'Along nous attend.
7h30, direz-vous, c'est l'heure où beaucoup d'entre nous partons au travail.
Mais, Rita, nous sommes en vacances !  Nous sommes crevés de notre long voyage...
Il faut avoir fait sa toilette, participer au minyan, car Jacky Kandel est encore avel, et nous nous sommes tous engagés, comme en Chine, à être dix au minimum ; pris le petit déjeuner et préparé les sandwiches. Nous râlons comme de beaux diables, mais personne n'est en retard. Rita avait raison : trois heures trente de voyage, cela va nous faire arriver à 12h30 ; et les journées d'hiver sont courtes.
Pendant le voyage, nous en profitons pour faire plus amplement connaissance. Chacun prend le micro pour raconter qui il est, ce qu'il fait.
Nous sommes particulièrement intéressés par les témoignages de ceux que nous ne connaissons que depuis quelques heures : Elyeth et Paul, les juristes qui ont quitté leur cocon du XVIème, pour planter leur tente à Naharya ; Janine et Claude, qui nous racontent leur cursus parisien : Polytechnique, l'école des Mines, la géologie et les études juives. 
Fabrique de statues
Fabrique de statues
Edmond et Aline : une véritable saga. Aline est née et a grandi à Saïgon ; elle revient dans son pays natal, qu'elle avait quitté adolescente ; que d'émotions ! 

Nous nous arrêtons une demi-heure dans un centre commercial qui fabrique de très belles statues de Bouddhas de toutes tailles ; de lions et éléphants. Il y a aussi un atelier de soierie, qui attire nos femmes. Elles sont raisonnables : peu d'achats. 

La Baie d'Along

Arrivés à la Baie d'Along, sous un beau soleil, température printanière. C'est ce dont nous rêvions pour visiter l'un des plus beaux sites naturels du monde, et classé au patrimoine de l'humanité depuis 1994. 

La Baie d'Along
La Baie d'Along
Nous montons à bord d'un bateau à deux étages.
Le pont supérieur, dégagé, nous permet de voir ce paysage fabuleux, sur 360°. Des chaises longues pour les adeptes du farniente, pendant que nous, les photographes, nous cherchons le meilleur angle et la meilleure exposition.
Quels paysages ! Ces pitons rocheux, aux formes étranges, émergeant d'une mer couleur émeraude. Nous en avons le souffle coupé. Cela ne nous empêche pas d'actionner nos index sur les appareils de photo et les caméras.
J'ai pris, personnellement, plus de trois cents clichés...
Le pont inférieur est une grande salle à manger, où nous sera servi un repas de poissons, que nous verrons pêcher, depuis un ponton où nous accostons pour une demi-heure. Là encore, Rita surveille la cuisson ; là aussi, elle a trimbalé toute sa vaisselle. Les poissons, cuits à point, fondent dans la bouche ; les légumes, le riz et les eggrolls, servis à volonté, sont un délice.
Escale
Escale pour acheter du poisson
qui sera dégusté sur le bateau
À la fin du repas, les employés du bateau nous présentent leurs soiries. Nous essayons des pyjamas aux couleurs sayantes, des robes de chambre rouges ou or brodées de dragons typiques. C'est bon marché ; nous sommes nombreux à nous laisser tenter. Rita n'achète rien, mais conseille chacun avec un goût très sûr.
Nous accostons encore une fois, pour visiter une splendide grotte, dont l'entrée se situe à cinquante mètres au dessus de la mer. Stalagtites et stalagmites gigantesques sont éclairées de lumières de toutes les couleurs...
Nous aurions préféré un éclairage moins hollywoodien, mais bon...
grotte
La grotte...
Janine nous explique le pourquoi et le comment géologique de ces merveilles.
Attention de ne pas glisser sur ces trajets humides.
Nous ressortons alors que le soleil commence à disparaître à l'ouest. Les couleurs passent du rose à l'orange ; le gris se teinte de rouge. La boule de feu, d'un rond parfait, tarde à disparaître au-dessus des arbres et des montagnes. La brume grise filtre les rayons et nous permet de regarder cet astre rose, les yeux dans les yeux.
Nous voilà de retour au port. Tous les sampans rentrent se ranger sagement à quai. Notre hôtel n'est pas loin, au bord de la mer. Voici arrivée l'heure de ranger nos valises, sans trop les défaire, car nous devons repartir tôt le lendemain matin.
Malgré le copieux repas du bateau, une petite faim nous chatouille l'estomac. Pas de repas prévu ce soir. Heureusement nous avons nos sandwiches, préparés le matin, et nos fruits ; nous allons déguster tout cela dans un café au bord de la plage. 

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Jeudi 27 novembre

À 7 heures, tout le monde est assis dans le bus. Notre guide nous compte. Nous sommes tous là. Nous retournons à Hanoï, les yeux embués de sommeil.

Le Palais de la littérature

Le Palais de la littérature
Le Palais de la littérature.
Arrivés dans la capitale qui, entre nous soit dit, n'est ni d'un grand intérêt, ni d'une grande beauté, nous partons visiter le Palais de la littérature, qui est la plus ancienne université du pays. Tous les trois ans, avaient lieu des concours mandarinaux qui décernaient aux vainqueurs le grade suprême de Mandarin à la cour royale. Nous allons assister à un concert de musique vietnamienne.
Mais, restant toujours en retrait pour photographier quelque chose, je constate que je ne vois plus le groupe. Pas une seule casquette bleue et jaune. Panique ! Je n'ai pas l'adresse de l'hôtel, pas de téléphone pour appeler Rita au secours. Je cours comme un fou vers la sortie : personne ! Je retraverse les cinq cours successives au pas de course : pas un seul blanc ; pas un seul local qui parle l'anglais ou le français ; Je refais le même trajet en sens inverse pour tomber, à l'entrée, sur un jeune vendeur de carte postale qui, contre ma promesse de lui acheter quelque chose, consent à m'amener à l'endroit où il croit avoir vu des casquettes comme la mienne. Et miracle, il vous retrouve, mon cher groupe, sagement assis au concert.
Je me promets de ne jamais plus me laisser distancer, même au prix d'une photo ratée... promesse d'ivrogne ! 

Le Mausolée d'Ho Chi Minh

Nous poursuivons la visite de la ville par le Mausolée d'Ho Chi Minh, vaste complexe calqué sur le mausolée de Mao à Beijing et de Lénine à Moscou.
Le Mausolée d'Ho Chi Minh
Le Mausolée d'Ho Chi Minh
On ne pourra pas visiter l'intérieur, car le corps embaumé du président défunt est envoyé une fois par an à Moscou, pour une "remise en forme".
Les jardins sont magnifiques. On y découvre l'ancien palais du gouverneur général de l'Indochine et surtout, la modeste résidence sur pilotis, de l'oncle Ho.
La Pagode au pied unique
La Pagode au pied unique

La Pagode au pied unique

La Pagode au pied unique reste aujourd'hui encore un lieu de pélerinage pour les jeunes femmes stériles. 

L'hôpital Saint-Paul

Arrive l'heure de notre visite à l'hôpital, première phase de notre congrès scientifique.
L'hôpital Saint-Paul
Nous visitons l'hôpital Saint-Paul
Nous, les médecins, qui avons dû acheter une cravate pour l'occasion, partons avec notre guide vers l'hôpital Saint-Paul, tandis que le reste du groupe va visiter l'ancienne prison et faire un tour d'une heure, en cyclo-pousse absolument génial.
La visite à l'hôpital, où nous sommes reçus fort courtoisement par le Médecin Directeur, flanqué de cinq spécialistes, non cravatés, ne nous apprend pas grand-chose sur la médecine vietnamienne.
Hôpital Saint-Paul, visite
Les locaux sont vétustes...
Ils manquent de matériel moderne. Les locaux sont vétustes et n'ont pas été refaits depuis le départ des français. Les consultations sont surchargées. Les salles d'hospitalisation sont d'une pauvreté à faire pleurer. Certains patients sont couchés à même le sol, sur des nattes ; les familles doivent apporter à manger à leurs malades.
Nous visitons la pharmacie qui nous rappelle celles visitées en Chine : plantes séchées pour décoctions. Serpents dans des bocaux qui servent à la pharmacopée locale. Jean-Paul se propose d'ouvrir une annexe de sa pharmacie, dans cet hôpital. Photos finales ; échange de cartes de visite.
La première partie de notre congrès aura duré deux heures. 

Nous nous retrouvons dans un petit hôtel où nous ne dormirons pas, pour un cours repos, un brin de toilette, avant de reprendre le bus qui va nous amener dans un restaurant typique, où nous allons déguster les mêmes plats vietnamiens, toujours aussi délicieux, et ce dans une grande salle où nous retrouvons nos amis anglophones ; Les bananes flambées ont beaucoup de succès.
Il faut vite retourner à l'hôtel pour prendre nos valises. Direction la gare centrale d'Hanoï ; Nous montons dans un train confortable. Chaque couple reçoit une couchette style wagon-lit, à deux places. Nous avons la surprise de découvrir que nous avons de vrais draps, de chaudes couvertures et de bons oreillers. On s'amuse à s'inviter dans nos différents appartements. On sirote une bouteille d'eau minérale; on introduit nos photos du jour dans nos ordinateurs portables et on compare nos œuvres. Il est temps de se coucher, car on arrive à Sapa, dans le nord montagneux, à cinq heures du matin !!!
Dire qu'on a bien dormi, c'est vite dit ; on est bien ballottés, remués, réveillés par les grincements métalliques. Les trains de la compagnie des Wagons-lits, ou l'Orient Express, ne passent pas par Hanoï et Sapa. 

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Vendredi 28 novembre

5 heures du matin. On frappe à la porte : on arrive dans un quart d'heure. Vite, vite ; pas le temps de se passer un peu d'eau sur le visage. Le Lorivan, pris pour dormir, n'a pas fini d'agir. Encore cinq minutes. Non !!! On a juste le temps de plier les pyjamas, de s'habiller chaudement, car on sent déjà le froid de la montagne. Attention en descendant les valises des couchettes du haut. Et nous voilà tous, les yeux embués de sommeil, en route vers le bus qui va nous monter à Sapa.

Sapa

Sapa
Sapa, 1.650 mètres d'altitude...
Sapa est une station climatique, perchée à 1.650 mètres d'altitude, dans un paysage grandiose, rappelant un peu les Alpes.
Une heure de route dans la nuit ne nous permet pas d'apprécier les paysages, que nous verrons mieux au retour.
Notre hôtel, "Chaulong", est situé au centre de la station.
Très accueillant hôtel de trois étages, dont chaque chambre à balcon, donne sur un magnifique paysage alpestre. Le ciel est bleu, le soleil brille. Que demander de mieux pour ce matin de Rosh 'Hodesh.
Une cheminée nous permet de nous réchauffer un peu, en attendant de retrouver nos valises.
Pas de temps à perdre, il faut prier Sha'harit. Haïm, qui emmène toujours un Sefer Torah, prend la direction des opérations pieuses, dont il s'acquittera avec dévouement et savoir faire pendant tout notre séjour. 

Nous disposons d'une grande salle à manger, aux tapis et tentures rouges, dotée d'une longue table et d'une large estrade. La tephila est un peu longue à R.'H., mais, malgré notre envie de déjeuner, elle se passe avec ferveur, en présence des hommes de nos deux groupes. 

Le village d'une ethnie minoritaire

Aussitôt le petit-déjeuner avalé (les petits pains sont délicieux), nous reprenons le bus pour aller visiter le village d'une ethnie minoritaire, dont je vous épargnerai le nom.
À notre arrivée, nous sommes aussitôt entourés d'un quinzaine de femmes de tous âges, certaines portant un bambin sur leur dos, d'autres des hottes à bretelles dans lesquelles elles entassent les marchandises à vendre.
Sapa, la visite
Elles portent une sorte d'oreiller mou...
Elles portent toutes, soit un fichu rouge, soit une sorte d'oreiller mou, rouge, posé sur leur tête. Une tunique noire bordée de broderies et un pantalon noir complètent leur costume.
Dès que nous descendons du bus, chacune de ces femmes choisit sa proie qu'elle ne lâchera pas pendant toute notre visite. Elles baragouinent quelques mots de français qui vont devenir notre cri de ralliement : "Moi, copine ; achète ; one dollar ; one dollar ; moi copine". Une petite vieille a jeté son dévolu sur moi, et n'arrête pas de me harceler. Je résiste du mieux que je peux. Que vais-je faire d'un chapeau, d'un sac bariolé, d'une tapisserie ?
D'autres résistent moins bien et achètent.
Notre groupe prend le chemin d'une petite grotte, au bout de la route. Pas moyen de se débarrasser de ces femmes Hmong. De vraies sangsues !
Nous rentrons dans la grotte. À la sortie, elle nous attendent et fondent à nouveau sur nous : "One dollar, one dollar ; achète à moi ; moi copine".
Ma petite vieille ne me lâche pas et je finis par céder, par pitié. Mais il faut discuter. Je choisis un bonnet qui pourra me servir de kippa ou de déguisement à Pourim : Two dollars ! Je refuse et pars en accélérant le pas. Elle me rattrape : "Two dollars ! No, one dollar ! Ok, ok..." Ouf ! me voilà débarrassé de ma sangsue. Mais non, une petite jeunette m'accroche : "Moi aussi, achète ; moi copine". 

Sapa, le dispensaire du village
La "salle d'accouchement"
Sur la route, notre guide nous fait visiter le dispensaire du village. Il va nous chercher l'infirmière, au beau visage, qui nous explique qu'elle fait fonction de médecin, de pharmacienne, de sage-femme. Je frémis en voyant la "salle d'accouchement". La mortalité infantile doit être élevée, sans parler des fièvres puerpérales. Les notions d'hygiène ne semblent pas avoir atteint ce village.
Nous rentrons à l'hôtel à 13 heures, pour manger nos sandwichs, nous reposer un peu, avant de visiter les jolies rues de Sapa, où d'autres femmes (jamais d'hommes, c'est drôle), d'ethnies diverses, aux costumes colorés, essaient de nos aguicher par leur production artisanale. 
Le marché local est plein de fruits exotiques, de légumes inconnus, de viandes de porc envahies par les mouches, de serpents en bocaux ; Les vietnamiens sont affables, souriants et accueillent les étrangers sans la moindre animosité, même les américains dont ils ont tant eu à souffrir.
A 17 heures, nous rentrons nous préparer pour notre premier shabbat.
Le dîner est servi, aussitôt la tephila terminée. La longue table est assez étroite, pour pouvoir nous faire face et bavarder agréablement.
Haïm nous fait chanter des zmiroth.
Claude, qui a accepté de parler le premier, nous explique ce qu'est l'amour conjugal dans le judaïsme. Il est très convaincant. Rita fait de la traduction simultanée à nos amis anglophones qui se sont regroupés en bout de table.
Nous n'avons pas vraiment réussi à les intégrer à notre groupe, bien que tout le monde parle ivrit. Est-ce leur faute ou la nôtre ? 

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Shabbat 29 novembre

8 heures pile, nous commençons l'office. Tout le monde est là, les hommes s'entend ; les femmes com­men­cent à arriver vers 9 heures, sauf quelques zélotes qui prient depuis le début.
Haïm fait une magnifique Kriat ha Torah qui nous impressionne beaucoup. 

Promenade dans la ville de Sapa
Nous montons jusqu'à un site
qui domine Sapa
Petit déjeuner de gala. Puis nous partons nous promener dans le village et ses alentours. Nous montons jusqu'à un site qui domine Sapa de quelques centaines de mètres et d'où nous avons une vue imprenable sur toute la région. Il fait très beau, un peu brumeux, ce qui rend le paysage féerique.
Mon appareil de photo me manque et mon index droit, au chômage, s'ankylose.
Barbara, du groupe anglais, qui semble avoir obtenu une autorisation spéciale de son rav, photographie tout ce que nous aurions voulu fixer sur nos cartes mémoire.
Question délicate : aurons-nous le droit, hala'hiquement parlant, de lui demander de nous passer ses photos ?
Redescendus au village, certains vont faire une sieste bien méritée, tandis que d'autres, plus courageux, vont poursuivre la promenade en descendant vers le village des Hmong noirs. Nous visitons des maisons typiques ; c'est le moyen-âge. Le paysage, entouré de rizières, est magnifique. Mais il faut remonter et la pente est dure. Lydia se sent mal, et finira par accepter de se faire remonter par un moto-taxi.  

La seouda shelishit, bassarit, est délicieuse. Jacky Kandel nous régale intellectuellement, par un dvar Torah sur le cannibalisme !!!
Après min'ha et maariv, nous ressortons nous balader dans les ruelles et ses marchés et... nous achetons. 

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Dimanche 30 novembre

Le marché de Bac Ha

Ce matin, nous partons très tôt pour le fameux marché de Bac Ha. Trois heures et demi de route, et quelle route ! De la terre battue, des bosses, des creux.
Hmong bariolés
Les Hmong bariolés
Nous sommes cahotés dans tous les sens ; mais, autour de nous, le paysage de montagnes est splendide. Des rizières à flanc de montagne, des torrents dans le fond des vallées. Heureusement, notre habile chauffeur évite de nous effrayer en roulant loin des précipices. Il sait aussi nous arrêter de temps en temps afin que nous puissions prendre des photos.
Nous arrivons enfin dans ce village peuplé de Hmong bariolés.
Il faut savoir que le costume, ici, signe l'appartenance ethnique et un statut social précis.
Nous sommes éblouis par la diversité des costumes, des couleurs vives, dont le mélange est du plus bel effet. Chaque femme a la tête couverte d'un fichu, le même pour les membres de la même ethnie. Les robes et les vestes sont multicolores, bariolées, un vrai feu d'artifice.
Notons que les hommes, eux, sont vêtus à l'européenne. Ici et là un couvre-chef typique, comme en portaient les soldats vietcong, mais pas de fantaisies. Comme si les femmes étaient seules gardiennes des traditions.
Dans ce marché pittoresque, on vend de tout : textiles, objets d'artisanat, fruits et légumes, volailles, poissons, viande de porc débitée à la hache et qui attire seulement des hommes.
Le marché de Bac Ha  Le marché de Bac Ha  Le marché de Bac Ha

Le marché de Bac Ha  Le marché de Bac Ha  Le marché de Bac Ha
Le marché de Bac Ha
La majorité des badauds sont des paysans de la région qui viennent vendre leur production et acheter ce qu'ils ne produisent pas eux-mêmes. Les touristes sont très minoritaires.
Se promener dans les allées est un véritable régal pour les yeux. À la limite du marché, se tient le marché aux buffles.
Le marché aux buffles
Le marché aux buffles
Acheteurs et vendeurs assis sur leurs talons, discutent fermement, parfois violemment, se poussant quand ils sont en désaccord, et finalement se donnant l'accolade, après que l'acheteur eut compté quelques liasses de billets. J'ai pu assister de près à l'achat d'un magnifique buffle blanc, que l'acheteur emmena fièrement hors du champ de foire sous les applaudissements des autres paysans.
Nous avons rendez-vous dans un café, à l'entrée du marché, pour aller visiter un autre petit village. Nous tombons en pleins préparatifs d'un mariage. Les hommes sont assis entre eux, buvant du thé ou le l'alcool.
Les femmes d'un autre côté, s'activent à d'autres taches. Nous ne verrons pas la fiancée, ni son promis. Celui-ci a préparé un cadeau de choix pour sa dulcinée : un cochon coupé en deux, avec la tête décapitée, par-dessus la carcasse sanglante...
À l'intérieur de la maison, un vieux paysan, nous accueille, nous offre à boire un schnaps local, très alcoolisé, et danse devant nous en agitant des instruments de musique locaux.
Il nous raconte la guerre qu'il a faite dans les rangs du Vietcong, et nous parle de sa famille. Pendant ce temps, sa femme, qui a l'air plus âgée que lui de vingt ans, écosse dehors des épis de maïs. 

Lao Cai

Nous quittons cette sympathique maison, un peu éméchés par cette boisson alcoolisée généreusement versée, et nous reprenons le bus pour Lao Cai, ville frontière avec la Chine.
Nous y admirons l'arc de triomphe érigé en signe d'amitié entre les deux nations, et poursuivons notre route vers un restaurant, où nous dînons à la vietnamienne, avant de rejoindre la gare.
Nous passons une nouvelle nuit dans nos couchettes de luxe, bercés par le grincement des wagons, et arrivons à 7 heures à Hanoï, pas vraiment frais.
Un bus nous attend pour nous amener à l'hôtel, où nous allons pouvoir nous rafraîchir et prendre un bon petit-déjeuner.  

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Lundi 1er décembre

De là, nous partons pour l'aéroport, après avoir vérifié que personne n'a perdu de valise (ce qui n'arrivera pas de tout le voyage).

Da Nang

Nous nous envolons pour Da Nang, la quatrième ville du Vietnam, à mi-distance d'Hanoï et Saïgon. Après une heure de vol, nous sommes accueillis par notre nouvelle guide, affublée du doux nom de Parfum, traduction de son prénom vietnamien.
Accueillante, douce, souriante et parlant un français recherché, Parfum nous surprend par la richesse de ses connaissances sur le pays. Elle répond à toutes nos questions, souvent délicates, avec précision et franchise.
Si je parle ici, pour la première fois, de notre guide, c'est qu'elle domine en qualité tous ses collègues précédents et futurs de ce voyage.
Visiblement, elle correspond davantage au profil d'un professeur d'université, qu'à celui d'un guide.

Hoï An

Nous prenons la route pour Hoï An, à une cinquantaine de kilomètres de Da-Nang. Nous passons devant ce qui fut la plus grand base aérienne américaine du Vietnam, d'où partaient les fameux bombardiers B-52, en mission vers le nord et vers le Laos.

Nous longeons la fameuse plage "China Beach", popularisée par le film de Francis Ford Coppola, "Apocalypse now", et arrivons peu après à notre hôtel, le Golden Sand Resort...
Quelle merveille que cet hôtel cinq étoiles, où nous ne dormirons, hélas ! qu'une nuit.
Hôtel de Hoï An
L'hôtel de Hoï An
Il y a tout ce dont on peut rêver pour la détente : une énorme piscine de plus de cent mètres de long, une plage de sable blanc et fin comme de la farine où poussent des palmiers et des cocotiers. Des jardins exotiques où l'on a envie de se perdre.
Le beau temps n'est pas au rendez-vous, le vent souffle en rafales, et la mer, gris foncée, forme d'énormes rouleaux.  
Nos chambres, situées dans des pavillons disséminés dans le parc, sont à la hauteur de nos espérances : magnifiques !
Mais notre programme est encore bien chargé et nous ne pourrons pas profiter de ce palace avant la nuit. 

Nous repartons pour la ville d'Hoï An. Notre guide, qui semble parfaitement connaître les goûts et les envies des touristes européens, nous arrête dans une usine de soierie.
Les femmes sont aux anges. Elles ont appris que l'on peut commander des robes, des ensembles, des chemisiers "sur mesure".
Achats de vêtements
Achat de vêtements
Nous, les hommes, nous montons avec résignation, avec l'espoir que cette halte féministe ne durera pas trop longtemps.
Mais les vietnamiens, comme tous les peuples extrême-orientaux, sont d'excellents commerçants et, une fois montées au premier étage, les femmes sont prises en charge à droite et les hommes à gauche. 

De charmantes vendeuses, baragouinant le français, nous expliquent qu'elles ont de quoi satisfaire nos goûts vestimentaires... et nous voici pris en main, mesurés avec un détail maniaque, photographiés de dos et de profil (pour ceux qui ont du ventre... je ne cite aucun nom !).
On nous fait choisir les tissus ; on nous vante la popeline pour des chemises (wilde metziess).
Et nous voici en train de payer, alors que nous n'avions pas vraiment l'intention d'acheter quoi que ce soit, pour nous, les mâles. 
- Et l'essayage ?
- Demain matin, 7 heures, dans le hall de l'hôtel.
- Et s'il y a des retouches à faire ?
- Votre costume vous sera livré à votre prochaine étape, mais ne craignez rien, les retouches sont rares.
Et c'est ainsi que Jocelyn, habituellement réfractaire chronique aux achats, se retrouve élégamment habillé d'un costume Mao de fière allure.
Que Jacky K prépare la saison d'été, avec un costume beige léger.
Que Claude se laisse offrir un pantalon par Janine, et que moi, Jacky B, je commande un costume pour le mariage de ma fille, conseillé par une Rita au goût très sûr. 

La livraison sera d'une ponctualité germanique et, à notre grande stupéfaction, aucune retouche ne sera nécessaire. Nous sommes splendides (dixit Rita).
Les femmes, pendant ce temps, choisissent des modèles dans des catalogues bien achalandés.
Par discrétion pudique, et pour ne pas attirer les regards du mass ha'hnassa (les impôts israéliens), je ne dirai pas combien de dôngs ont été dépensés par nos chères épouses...

Puis nous nous arrachons à ce paradis de la mode pour aller visiter cette très pittoresque ville de Hoï An.
Pont japonais à Hoï An
Hoï An : un splendide pont japonais
La vieille ville a été épargnée par la guerre et nous pouvons visiter ses ruelles animées, ses vieilles maisons bien restaurées, soit en musée, soit en magasins de produits artisanaux.
Des nappes, brodées devant nous par d'habiles jeunes filles, finissent dans nos sacs à dos, après  marchandages dont nous sommes devenus experts. Les vietnamiens ne comprendraient pas que l'on ne marchande pas ; cela fait partie des traditions.
On découvre un splendide pont japonais où nous nous faisons photographier par les autochtones. Jean-Paul, en particulier, est accroché par une jeune fille qui tient absolument à être photographiée avec ce géant.
Entre temps, Mala a disparu !!! Sans argent, sans téléphone, sans le nom de l'hôtel... Est-elle perdue à jamais pour Jean-Paul ? Après dix minutes d'angoisse, on la retrouve souriante, et pas trop angoissée. Ouf ! On a eu chaud.
La nuit tombe. On a hâte de retrouver notre bel hôtel.
Faut-il encore retrouver notre bus, parqué assez loin de ces petites rue étroites. Les vendeuses à la sauvette, nous accrochent toujours autant, mais nous ne pouvons plus nous permettre de traîner : "Gérard, dépêche-toi et arrête de photographier Martine devant chaque site touristique !" 

Nous nous retrouvons à l'hôtel, dans une belle salle à manger où on nous sert un repas super raffiné ; Rita nous présente le chef, qui a travaillé au Hilton de Tel Aviv. Le monde est petit.
Une crème brûlée, digne du pâtissier Lenôtre z"l, nous est servie au dessert. On s'en lèche encore les babines.
Petite promenade sur la plage qui nous donne des idées de farniente.
On finit la soirée dans le splendide lobby, où deux jeunes étudiantes nous offrent un concert, l'une sur une sorte de xylophone en bambou, et l'autre sur une cithare.  

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Mardi 2 décembre

Début de matinée stressant : réveil, tephila et... essayages ! Le tailleur s'est annoncé à 7 heures. Quelques minutes avant l'heure, on voit arriver un homme sur un scooter, sur lequel tient, en équilibre, un énorme paquet. C'est lui, le tailleur, qui vient livrer nos commandes de la veille. Il fait la tournée des hôtels. Beaucoup moins de 24 heures. Mais comment font-ils ?
Nous sommes un peu anxieux du résultat. Personne ne nous a recommandé cet endroit. J'ai personnellement l'expérience d'un tel achat, mais individuel, et avec trois essayages. Chacun prend sa commande, joliment emballée, et va enfiler son costume, son pantalon, dans la salle qui nous sert de synagogue...
(...J'interdis ici, publiquement, à celui qui m'a photographié en petite tenue, en train d'essayer mon costume, de publier cette pose sur le net !!!)

Nous revenons dans le lobby, pour passer devant le juge suprême des élégances, Rita. Elle nous toise, avance, recule, nous fait pivoter, à la recherche d'un défaut. Il n'y en a pas. Tout est parfait ; rien à redire.
Si, il y a quand même une petite insatisfaction chez Irène. Elle voulait des manches d'une autre forme. Aucun problème. Dans une heure ce sera prêt.
Le problème est quand même sérieux : nous démarrons à 8 heures et il est 7h30. Le tailleur lui promet que sa veste l'attendra à la prochaine étape. Promesse tenue. 

Hué

À huit heures, tout le monde est dans le bus. Nous partons pour Hué, à trois heures de route de notre bel hôtel. Long voyage, compensé le plaisir d'une route touristique de toute beauté. Nous admirons les viviers à crevettes, ressource importante de l'économie locale, avant de monter vers un col qui domine la mer. À chaque tournant, une vue à couper le souffle... et à photographier.
Sur la route de Hoi An à Hué
Que la vue est belle !
Arrivés au sommet, nous faisons une pose "physiologique", bon, ne soyons pas bégueules : une pose pipi. Une fois soulagés, nous sommes à nouveau assaillis par nos éternelles vendeuses de babioles locales. Vite, je profite de l'inattention de Rita pour courir jusqu'au belvédère d'où on découvre toute la côte. Le ciel est gris, mais que la vue est belle, tout de même. 

Nous arrivons enfin dans la capitale historique, Hué, (les vietnamiens prononcent Houé), au début de l'après-midi.
la rivière des Parfums
La rivière des Parfums
Notre charmante guide nous amène directement à un embarcadère sur la rivière des Parfums.
Le bateau, décoré de têtes de dragons à l'avant, est avenant. Nous nous installons sur des chaises, au bord du bateau et nous déballons nos sandwiches, nos fruits tropicaux, préparés avec amour, le matin même. Pour les boissons, nous avons toujours eu, à profusion, des bouteilles d'eau minérale.
Après nous être rassasiés, le personnel du bateau ouvre ses caisses et ses tiroirs remplis de soieries assez élégantes.
Mala enfile un pyjama vert pâle qui lui sied à la perfection et que Jean-Paul s'empresse de payer, pour éviter d'être doublé par les autres maris aux yeux pétillants d'envie de voir leur épouse affublée des tels charmants atours nocturnes.
Hué, Mala  Hué, Haim
Essayages
Haïm essaie une robe de chambre rouge de toute beauté : on dirait le Cohen Gadol, officiant au temple de Jérusalem... avec un dragon sur le dos ! Acheté !
Je me laisse tenter par une autre robe de chambre dorée, impériale, qui, une fois endossée, fait jaillir de toutes les poitrines, des cris d'admiration... mes copines sont en pâmoison : j'achète !
Nous aurions pu continuer longtemps à essayer, mais Parfum, notre jolie guide, nous propose de débarquer pour nous faire visiter la célèbre "Pagode de la Dame Céleste".
Pagode de la Dame celeste
La pagode de la Dame Céleste
Poursuivant notre promenade, dans les jardins qui prolongent cette pagode, nous  visitons le dortoir des moines bouddhistes, qui dorment sur des caisses en bois brun, sans le moindre confort.
À la sortie, nous rencontrons un bonze, tout de jaune vêtu, très souriant, aimable, et qui plus est, plein d'humour. Voyant ma bedaine un peu trop proéminente, il me demande, me mettant sa main sur mon ventre, "if I am pregnant"...
Il accepte, sans la moindre réserve, de se laisser photographier avec chacun d'entre nous.  
Un peu plus loin, un jardin de bonzaï de toute beauté. 

La Cité Interdite

Cité Interdite
La Cité Interdite
De là, nous partons visiter la "Cité Interdite", que l'UNESCO a déclaré "Patrimoine Mondial". Cette cité impériale, symbole de la grandeur ancienne de ce beau pays, a beaucoup souffert des guerres qui se sont succédées de 1947 à 1968.
Ce qui reste des trois cents monuments, dont cent quatre-vingts ont été détruits, est dans un triste état. Le Vietnam restaure à tour de bras ; mais il reste encore beaucoup à faire pour rendre son lustre d'antan à ce monument national. Autour de cette Cité Interdite s'est construite une ville, très peuplée, nommée "La Citadelle". Nous en subissons les conséquences car nous devons marcher en file indienne, sur un trottoir de cinquante centimètres ; malheur à celui qui tente de marcher sur la chaussée ; des centaines de vélomoteurs foncent, sans aucuns égards pour la gent piétonnière. Il faut faire marcher notre imagination pour comprendre quelle a été la grandeur de ce haut lieu de mémoire. 

Dîner dans un restaurant des faubourgs, avec comme dessert, des plats d'ananas et de bananes flambés, servis dans la pénombre.
Rita nous annonce que le lever se fera à 5h30 ! 

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Mercredi 3 décembre

  C'est que nous devons embarquer pour Saïgon à 9h. Valises devant la porte à 6h30. La discipline est de fer ; nous l'acceptons de bon cœur, sachant qu'ainsi, il n'y aura pas de mauvaises surprises.

Saigon

Le vol dure une heure et nous atterrissons dans la capitale économique du Vietnam, sous un ciel gris et une humidité nouvelle pour nous.
Le nouveau guide est là. On sent immédiatement qu'il ne va pas faire long feu. Il est d'une inefficacité crasse. Mais surtout, nous nous demandons quelle langue parle-t-il. Il est totalement in-com-pré-hen-sible.
Rita nous inquiète ; elle a sa figure des mauvais jours. Un rictus qui en dit long sur le sort qu'elle va lui réserver ! Elle bouillonne ; son visage passe du vert au rouge cramoisi, en écoutant le "guide" nous raconter ce que nous allons visiter. On rigole, car on ne comprend strictement rien. Il tient sa place jusqu'au "Musée de la guerre" où l'on peut voir les prises de guerre du Vietcong dans la grande cour, et les images souvent atroces de la guerre américano-vietnamienne.
Rita hurle au téléphone que c'est une honte de nous avoir envoyé un tel bonhomme et exige, sur le champ, un vrai francophone.
Saïgon, la Cathédrale
Saïgon, la Cathédrale
Arrivés sur la place de la "Cathédrale" (grande église en brique rouge, que personne n'aurait eu l'idée de regarder dans une sous-préfecture française, tant elle est banale et sans style), un nouveau guide nous attend. Rita, tu es vraiment la meilleure !
Ce nouveau guide est compréhensible ; son seul défaut, c'est qu'il dit "ouais" tous les trois mots.
La cathédrale est fermée, ouf ! On n'avait pas envie de la visiter.
Saïgon, un mariage traditionnel
Un mariage... traditionnel
Sur la place, au pied de la statue de la Vierge, nous observons une  séance de photographie d'un mariage traditionnel. En nous approchant, nous voyons que si la mariée est bien vietnamienne, le marié, lui est européen, déguisé en vietnamien. La maman du "hatan", nous rappelle une yddishe mame. Nous commençons à lui parler et nous apprenons qu'elle est une bonne yiddene de New York ; qu'elle a un fils qui habite en Israël, et des petits-enfants dans l'armée d'Israël... Ce mariage mixte ne semble pas du tout la troubler, alors que nous, nous sentons mal à l'aise...
La poste
La poste
Autre attraction, la poste, construite par Eiffel. Il faut la visiter nous dit notre nouveau guide. Franchement, la grande poste de Jérusalem a autant d'intérêt !
Cette très longue matinée nous a donné faim. Nos sandwiches se ramollissent dans nos sacs à dos. Heureusement, tout était prévu, un café "branché", très européen, nous attend sur cette place. Nous nous installons sur une terrasse privée, au premier étage et dégustons ce que nous avions préparé le matin.

Le Palais de la réunification

La journée se poursuit par la visite du "Palais de la Réunification", qui est en fait, l'ancien palais présidentiel. Nous y allons à pied, ce qui nous permet de mieux sentir la ville.
Ici, à Saigon, on sent tout de suite la différence avec Hanoï. Plus de bâtiments modernes, plus de voitures, bien qu'il y ait ici aussi, un nombre considérable de vélomoteurs et de scooters. (On compare avec le grand voisin, la Chine, où les gens circulent sur des vélos électriques, silencieux et non polluants). 

On sent une plus grande richesse ; et d'un autre côté, nous sommes frappés par certains côtés archaïques. Comment de si grandes villes peuvent-elles avoir encore des systèmes de communication et électriques non enterrés ? Dans toutes les rues, tant à Hanoï qu'à Saigon, il suffit de lever la tête pour voir courir de poteaux en poteaux, des dizaines de fils noirs : électricité, téléphone, câbles télé et autres. Aux croisements, ces fils vont dans tous les sens, créant une sorte de tissage noir, très inesthétique. On imagine très bien comment un terroriste pourrait paralyser une ville entière, en coupant en plusieurs endroits stratégiques, ces "artères" de communication. 
Le Palais de la réunification
Le Palais de la réunification
Le Palais de la réunification, n'a aucun intérêt. On y organise des réceptions officielles. À notre arrivée, on déroule un énorme tapis rouge. Nous n'en demandions pas tant...
Salles de réceptions somptueuses, dans le style "Art Déco". Bureau du Président, etc. Rien d'excitant.
Nous avons hâte de faire connaissance avec notre nouvel hôtel, le REX. Palace 5  étoiles immense, ancien moderne, super bien placé, au centre ville. Au temps de la guerre, c'était le quartier général des journalistes couvrant le conflit.
L'hôtel Rex
L'hôtel Rex
Nos chambres ne sont pas à la hauteur de nos espérances, vieillottes, sombres, avec une fenêtre donnant sur une courette insalubre. On doit y passer quatre jours, c'est beaucoup. Je rentre dans la salle de bains, du même style, et, que vois-je dans la baignoire ? un énorme djouk (cafard) ! Je me dis que c'est notre chance... Je le photographie et descend, indigné, à la réception. Je demande à voir le responsable du desk, à qui je montre la photo. Il parait horrifié et me dit aussitôt : "Monsieur, nous allons immédiatement vous changer de chambre". Dix minutes plus tard, nous nous installons dans une immense suite, avec salon séparé, balcon donnant sur la place centrale, faisant l'envie de tous nos copains.
Le cafard du Palace Tout le monde se met à rechercher des djoukim, mais hélas pour eux, sans succès. 

Beit 'Habad
Beit 'Habad
Une fois installés, nous avons quelques heures de libres, avant le dîner au Beit 'Habad. Une grande partie du groupe, fonce au marché couvert, où on trouve de tout : souvenirs, chemises de fausses grandes marques, bijoux, chinoiseries etc. Dans certaines allées étroites, les vendeuses essaient de nous happer pour nous vendre les mêmes t-shirts, à droite comme à gauche. Difficile de s'en dégager. Je supporte difficilement et préfère me promener seul dans les rues très animées de cette fin d'après-midi. Rendez-vous à Beit 'Habad à 19 heures. Les trottoirs sont pleins de monde et encore plus de scooters, qui empêchent de marcher ; une vraie plaie.
Je m'arrête devant un grand magasin où un père Noël aux yeux bridés distribue des publicités. La foule est si dense sur ce trottoir, que j'ai du mal à avancer. Soudain, un scooter monte sur le trottoir et me bouscule sans ménagement. Je sens que je vais tomber en arrière, mais une femme me rattrape, me repousse en avant, et avant que j'ai pu la remercier, disparaît dans la foule. Je me remets de mes émotions, et soudain, je sens que mon portefeuille n'est plus dans ma poche... Ça n'a duré que quelques secondes. Je me retourne, j'essaie de trouver les protagonistes de cette bousculade : envolés ! Furieux et anxieux, je me demande comment retrouver les pickpockets, et dans quel sens aller. Finalement je me dis "Kapara". J'irai ce soir ou demain au commissariat de police, et dès ce soir, je ferai opposition sur toutes mes cartes de crédit. Puis je décide d'aller à Beit 'Habad pour, au moins, me faire consoler. Je marche cent mètres et, au coin d'une rue, que vois-je devant moi ? Mon portefeuille, que quelqu'un vient de jeter. Je n'en crois pas mes yeux. Les cartes de crédit sont là, ma carte d'identité aussi. Seuls, les 25$ en espèces ont disparu : kapara !
Arrivé au repas, je raconte ce qui vient de m'arriver et je recommande à chacun d'entre nous, de remiser portefeuilles, appareils de photos et autres biens précieux dans des poches difficiles d'accès. 

Autre drame : Paul se rend compte qu'il a perdu son sac de talith-tephilines dans le dernier hôtel où nous sommes passés. Rita téléphone : on n'a rien retrouvé. Que faire ? Heureusement, le jeune rav qui dirige Beit 'Habad, dit qu'il peut lui vendre un set complet. Aussitôt dit, aussitôt fait, l'affaire est faite. Paul retrouve son sourire et sa joie de vivre qui l'avaient abandonné un moment.
Après un repas abondant et raffiné, nous prions maariv avec la joie au cœur.
Nous rentrons à l'hôtel, et nous nous perdons dans des couloirs sans fin. 

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Jeudi 4 décembre

Le delta du Mékong

Nous montons à 7 heures dans le bus. Destination le delta du Mékong.
Fleuve mythique, fleuve énorme, fleuve charriant des alluvions qui rendent l'eau couleur de boue. On nous a promis la visite d'un marché flottant, très exotique. Malheureusement, lorsque nous arrivons à midi et demi, le marché à disparu. Il fallait y être au plus tard à midi. On saura pour la prochaine fois.
Notre bateau avance au milieu du fleuve. On voit à peine les berges, tant il est large. Au bout d'un bon moment, on pénètre dans des canaux latéraux, qui s'enfoncent dans des mangroves, ces forêts tropicales si denses, avec ses arbres poussant dans l'eau.
Le delta du Mékong
On pénètre dans des canaux latéraux...
Le bateau accoste près d'une fabrique de galettes de riz, de bonbons. Nous assistons, avec curiosité, à la fabrication de ces friandises, que nous pourrons déguster et acheter. On nous sert du thé et des échantillons de friandises. 

Nous rembarquons pour nous enfoncer dans des canaux à la végétation très luxuriante. De petits ponts, soit en dur, soit en bambous, joignent les deux rives. On s'attend à voir des crocodiles ; on se croirait dans la jungle ! 

Au bout de quelques kilomètres, deuxième arrêt, dans une maison où nous est servi un assortiment de fruits exotiques : lichies, pitayas, pomelos, sambuton, jacquets, etc. C'est l'occasion de faire des bra'hot et des Shée'heyanou. Remontant sur l'embarcation, un jeune garçon nous prépare des noix de coco fraîches, dont on boit le lait avec une délectation... mitigée. 

un concert de musique vietnamienne
Un concert de musique vietnamienne
De là, ceux qui veulent, montent sur des barques pas très stables, genre gondoles vietnamiennes, pour une promenade qui nous amène quelques centaines de mètres plus loin, dans une jolie maison blanche, sorte de café-concert, puisqu'une fois installés autour de tables garnies de fruits, un petit orchestre, aux instruments traditionnels, nous donne un concert de musique vietnamienne et de quelques chants mimés.
Nous nous sentons au bout du monde. Le dépaysement est total.  

Retour à Saigon.
Nous dînons au Beit 'Habad (que ferions-nous sans cette merveilleuse institution mondiale ?). Et là, Rita reçoit un appel du dernier hôtel où nous avions dormi, qui lui apprend qu'on a retrouvé le sac de Paul avec son talith et ses tephilines. Il l'avait oublié en changeant de chambre. Quel sourire, quel bonheur retrouvé ! 

Après le repas, une soirée souvenir est organisée à la mémoire des victimes, sauvagement assassinés, quelques jours plus tôt, dans le centre 'Habad de Bombay. On nous projette un film retraçant la vie et les activités du Rav et de sa femme Z"L. Tout le monde a les larmes aux yeux. L'un des participants demande une aide financière pour installer une porte blindée et des caméras qui manquent cruellement à ce centre. 
 

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Vendredi 5 décembre

La Piste Ho Chi Minh et les tunnels de Cu Chi

Ce matin, on nous emmène à une cinquantaine de kilomètres de Saigon, vers la "Piste Ho Chi Minh" et les tunnels de Cu Chi, symbole de la résistance et de la stratégie militaire des communistes du nord, contre le régime pro-américain du sud.
Nous sommes très impressionnés par le peu que nous voyons. Imaginez 250 km de passages souterrains, à une profondeur de 3 à 9 mètres, comportant des salles de réunion, abris, fabrique d'armes, latrines, cuisines, hôpitaux de campagne et dortoirs, creusés à la main dans de l'argile, entre les années 1940 à 1960, par le Viet Minh puis le Viet Cong.
Nous entrons dans l'un des boyaux pour une promenade de 15 mètres... nous n'aurions pas pu faire plus. Il nous faut marcher à quatre pattes, et nous nous frottons le dos au plafond. Seule, la lampe du guide nous montre la direction. On y respire difficilement ; on y transpire beaucoup. Comment des hommes ont-ils pu vivre ainsi des années, dans ces taupinières?
Les tunnels de Cu Chi  
Jean-Paul et Gérard dans les taupinières...
On nous explique que ces tunnels ont été agrandis pour les touristes. Sinon, Jean-Paul et moi n'aurions jamais pu arriver à sortir de là.
Des pièges à soldats...
Des pièges à soldats...
On nous montre aussi les pièges à soldats, cachés sous les feuillages, donc invisibles et sur lesquels les fantassins américains basculaient. Une fosse profonde hérissée de piques métalliques acérées, les vouait à une mort atroce. Difficile de supporter de telles horreurs.
Les américains n'ont jamais réussi à détruire cette base souterraine, malgré les tonnes de bombes, (on nous montre les cratères qu'elles ont provoqué), d'obus, de gaz et de défoliants.
Comment de pas penser à Gaza et à notre guerre contre le 'Hamas ? 

Le temple Caodaïste de Tay Ninh

Retour vers Saigon. Notre sympathique guide nous réserve une surprise :
Visite du temple Caodaïste  Visite du temple Caodaïste  Visite du temple Caodaïste
Visite du temple Caodaïste

La visite du temple Caodaïste de Tay Ninh, sorte de Vatican d'une nouvelle religion née en 1926.
Cette religion syncrétiste, honore à la fois le bouddhisme, le taoïsme, le confucianisme, mais aussi Moïse, Bouddha, Confucius, Jésus et Mahomet. Elle reconnaît comme leaders spirituels, Jeanne d'Arc, Sun Yat Sen, Victor Hugo et Churchill...
Le temple Caodaïste de Tay Ninh
Une douzaine de colonnes...
Les "messes" qui durent une heure, sont célébrées à 6h, 12h, 18h et minuit, dans un cadre totalement kitch.
Une énorme salle de couleur rose, pavée d'un très beau dallage ; une douzaine de colonnes, roses elles aussi, sur lesquelles s'enroulent des dragons aux écailles noires et des cobras en stuc. Un vrai décor à la Walt Disney !
Au fond, l'autel avec un trône, réservé au "Pape" caodaïste ; décédé il y a quelques années et qui n'a pas été remplacé jusqu'à ce jour.
Nous avons pu suivre cette cérémonie, après nous être déchaussés sur le parvis, et être monté en silence sur l'une des deux galeries surplombant le sanctuaire. Les hauts dignitaires sont revêtus de robes rouges (christianisme), jaunes (bouddhisme), bleue (taoïsme). Le simple clergé est vêtu de blanc. Tous sont assis en tailleur, parfaitement alignés et prient avec ferveur, accompagnés par un orchestre et une chorale, siégeant sur une mezzanine au fond du temple. Le symbole principal de cette religion est un triangle entourant un œil.
Le Cao Daïsme (Être Suprême), compte plus de deux millions d'adeptes, essentiellement au Vietnam et un peu aux Etats-Unis. 

Après ce spectacle hyper coloré et curieux, nous rentrons à Saigon pour vaquer aux préparatifs du Shabbat. 

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Shabbat 6 décembre

Vendredi soir, nous dînons à notre hôtel Ritz, dans une jolie salle à manger, juste pour nous. Le repas a été préparé par les cuisiniers du Beit 'Habad. C'est bon, mais d'aucuns pensent avec regret, aux repas préparés les jours précédents, par nos chefs vietnamiens... Pensons un peu au travail que cela donne : amener à domicile, une trentaine de repas, soupe comprise, dans leurs casseroles et leurs plats ; sans oublier les délicieuses petites 'halot toutes chaudes. Une vraie prouesse de nos chères guides, lesquelles méritent notre admiration et notre reconnaissance. Nous sommes vraiment gâtés.
Le repas est embelli par des zemiroth et des divreï Torah. 

Le lendemain matin, la tephila  de sha'harit est suivie d'un petit-déjeuner-kiddouch, sur la célèbre toit terrasse de l'hôtel. Le soleil est de la partie et la température est élevée. Nous avons promis de faire Moussaf à Beit 'Habad, qui n'a pas toujours minyan. D'ieu merci, il y a quelques touristes et quelques locaux qui se joignent à la tephila, dirigée par le Rav. 

Une partie du groupe décide, malgré la chaleur, d'aller faire une promenade vers le fleuve. Nous entrons nous rafraîchir dans l'air conditionné d'un grand palace, avant de retourner à notre hôtel, pour une sieste bien méritée. 

A 16 heures, nous retournons à Beit 'Habad, pour Min'ha, suivi d'une seouda chlichit. Chants et tchoulent sont au menu.  
 
  18h15 : shabbat se termine. Nous repoussons les tables ; rangeons les chaises contre le mur. Maariv est suivi par une Havdallah, marquée encore par l'émotion du massacre de Moumbaï. La photo du jeune rav et de son épouse, affichée sur le mur, hantera longtemps ces lieux et notre mémoire. 

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Dimanche 7 décembre

Déjà quatorze jours que nous visitons ce beau pays. Le temps file trop vite.

Le Cambodge

Nous quittons ce matin Ho Chi Minh Ville, (c'est ainsi que se nomme désormais l'ex-Saigon) et le Vietnam, pour notre dernière destination, le Cambodge et ses magnifiques temples d'Angkor
Nous quittons, sans trop de regrets, celle ville polluée par les vélomoteurs, et cette circulation incontrôlée, qui nous angoisse à chaque carrefour.
Nous décollons à midi. Un vol d'une heure et quart nous amène à Siem Reap (prononcez Sim Rip), la deuxième ville du Cambodge après Phnom Pen. 
monsieur Sokun
Monsieur Sokun
Dans le splendide petit aéroport, construit dans le style cambodgien, nous attend notre nouveau guide, monsieur Sokun. La quarantaine, sympathique, parlant un français recherché, avec un accent à couper au couteau. Il a appris le français tout seul et a des connaissances inouïes sur l'histoire de son pays ; ce que nous ne tarderons pas à découvrir durant ces trois prochains jours.
Pour l'instant, il se contente de nous amener à notre hôtel Aspara. Nous y découvrons un salon de style khmer, avec ses fauteuils sculptés dans des bois de teck rouge. Les chambres sont très belles et confortables. La piscine entourée d'une végétation tropicale luxuriante, est une petite merveille de charme et de farniente.
Nous déposons vite nos valises ; enfilons nos maillots de bain ; et hop ! nous plongeons dans une eau tiède, dans laquelle nous crawlons avec délice.
Nous avalons nos sandwiches sur des chaises longues en teck, le bois national, avant de faire une petite sieste bien méritée. 

Les temples d'Angkor

Vers 16 heures, notre bus nous attend pour nous amener en ce lieu mythique, le temple d'Angkor Vat, le plus grand et le plus majestueux de cet immense complexe de temples, pour la visite desquels on consacre parfois huit jours. 

Les temples d'Angkor  Les temples d'Angkor
Les temples d'Angkor
Avant d'y rentrer, sécurité oblige, on fait passer chaque visiteur devant une caméra, et nous recevons un pass personnalisé qui nous permettra d'entrer dans ce site durant nos trois jours de visite. 

Notre guide nous amène d'abord devant l'imposante entrée. On a le souffle coupé par la beauté du lieu. Tout est immense. Angkor s'étend sur des dizaines de kilomètres carrés, que la jungle avait envahie pendant des siècles. Ce n'est que depuis quelques dizaines d'années que les différentes missions scientifiques internationales ont réussi à repousser cette jungle envahissante, véritable pieuvre végétale.
Loin de moi l'intention de donner une description détaillée de tout ce que nous allons voir. Il faudrait des dizaines de pages et vos guides habituels feront mieux l'affaire. Mais si je pouvais donner l'envie, à ceux qui me lisent, de faire le voyage, je n'aurai pas perdu mon temps (je ne suis pas rémunéré par l'office cambodgien du tourisme ).
Le bus nous laisse descendre devant l'entrée la plus connue, celle que l'on voit sur toutes les cartes postales, et celle qui symbolise le mieux le Cambodge.
Les bas-reliefs
Les bas-reliefs...
Une grande douve (fossé rempli d'eau) de 190 mètres de large, entoure le plus connu des temples d'Angkor, sur ses quatre côtés : 1,5 km sur 1,3 km.
Une large chaussée enjambe ce fossé et nous amène face à l'entrée surmontée de trois tours en forme de mitre, dont les sommets ont été détruits durant la guerre et que les organismes internationaux restaurent intensivement.
Plus on se rapproche des murailles extérieures, plus on est fasciné par la richesse artistique de ces lieux. Chaque centimètre de mur ou de colonnes est délicatement sculpté. Les bas-reliefs racontant les scènes de la vie quotidienne, les guerres, s'étendent sur plusieurs centaines de mètres. Notre guide nous décrit, avec force détails et érudition, l'histoire des dieux, des rois, dont le plus célèbre est... (prenez votre souffle) Jayavarman VII.
C'est fort compliqué, et les détails surabondants nous fatiguent un peu. On décroche vite, notre attention se tournant vers ces magnifiques sculptures que nous photographions avec délectation.
Le coucher de soleil est magnifique et nous rentrons, la nuit tombée, à notre hôtel où une salle à manger privée nous attend. Certains d'entre nous font un saut dans la piscine pour détendre leurs quadriceps épuisés par tant de promenades. L'eau est délicieuse. 

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Lundi 8 décembre

Le Bayon et la terrasse des éléphants

Nous repartons pour la visite de nouveaux temples : le Bayon, entouré par le temple d'Angkor Thom, lequel est lui-même,entouré de murailles imposantes de 8m de haut et de 12 km de côté. Tout au tour de cet immense complexe, une douve de 100m de large, dans laquelle vivaient, il y a quelques siècles, de féroces crocodiles. 

Le Bayon  Le Bayon  Le Bayon
Le Bayon
Le Bayon est particulièrement impressionnant, par ses 54 tours ornées de 216 visages monumentaux, chacun tourné vers l'un des quatre points cardinaux. Visages au sourire énigmatique, pleins de sérénité apaisante.

Nous reprenons le bus, car les distances sont grandes d'un site à l'autre, pour visiter la terrasse des éléphants, immense terrasse de 350m de long, qui servait de tribune géante pour les cérémonies publiques des rois khmer. 

Nous sommes toujours accueillis à notre descente du bus, par des gamines souriantes et mignonnes qui essaient de nous vendre guides, écharpes, flûtes... "One dollar, one dollar"... "C'est pas la même"... "achète à moi, achète à moi" : on ne peut pas résister devant ces sourires, ni devant cette pauvreté. 

Le temple de Ta Prohm

Après une pause à l'hôtel, avec un saut dans la piscine, nous retournons l'après-midi, visiter encore et encore des temples. Chacun a sa beauté propre, son charme et sa capacité de nous intéresser. La porte de la Mort, la porte de la Victoire  et surtout, ce que nous attendions avec le plus d'impatience, le temple de Ta Prohm dont le principal intérêt est d'avoir été volontairement abandonné à la jungle, donnant ainsi une bonne idée de ce qu'était Angkor, lorsque les explorateurs européens foulèrent ce site pour la première fois.
les vestiges des temples  les vestiges des temples
Les vestiges des temples
Il n'a été laissé que des énormes fromagers, poussant entre les pierres et enserrant de leurs racines géantes les vestiges des temples, lesquels ne tiennent plus que par cet entrelas de racines. Nous sommes très impressionnés par la puissance de la jungle. 

Nous rentrons à l'hôtel, repus de ces merveilleux monuments. Les images s'entrechoquent dans nos mémoires.
Sur le chemin du retour, notre guide nous raconte sa vie durant l'ère Pol Pot ; comment il a réussi à éviter une mort certaine, comme tous ceux qui avaient un certain niveau d'éducation, où comme ceux qui portaient des lunettes... eh oui ! Une véritable Shoah a eu lieu ici. On est en train de l'oublier. C'est tellement plus simple de condamner Israël depuis des décennies. Cet homme vraiment étonnant, nous subjugue, tant par ses connaissances en histoire antique, que par celles de l'histoire moderne. 

Claude nous raconte sa vie de notable juif à Paris et, en aparté, ce qui le retient de faire son alyah.  

Nous traversons la ville de Siem Reap, petite ville sympathique, en pleine fièvre immobilière. Dans chaque rue, des chantiers; on construit des dizaines d'hôtels, des centres commerciaux. Chaque parcelle de terrain semble valoir de l'or. La route numéro six, qui traverse tout le pays, est une suite continue d'hôtels de toutes catégories, plus aguichants les uns que les autres. 

Un coucher de soleil incendiaire nous accompagne pendant une bonne partie du chemin. 

Après le repas, Claude nous propose d'aller en ville, pour visionner un film documentaire, retraçant la vie des cambodgiens, sous la chape de plomb du régime Khmer Rouges. Le nom même du frère N° 1 du régime, Pol Pot, provoque, aujourd'hui encore, un frisson d'effroi chez les survivants de cette dictature sanguinaire qui, pendant quatre ans, de 1975 à 1979, provoqua la destruction systématique de la culture khmer et des symboles de son passé glorieux ; mais surtout massacra plus de deux millions de cambodgiens. Les suites de cette révolution consistèrent en un guerre civile, dramatique pour le peuple cambodgien, jusqu'aux années 2000.

Nous sortons de la salle, sonnés, effarés devant tant de brutalité sauvage, trente cinq ans à peine après la Shoah européenne.
Nous finissons la soirée par une visite du marché de nuit. 

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Mardi 9 décembre

L'hôpital de Siem Reap

Nous avons rendez-vous, nous les médecins, dentistes et paramédicaux, avec l'équipe médicale de l'hôpital de Siem Reap.
Siem Reap
L'hôpital de Siem Reap
Nous en sortons impressionnés et traumatisés par ce que nous y avons vu : pauvreté des installations ; manque dramatique de matériel médical de qualité ; conditions d'hospitalisation moyenâgeuses. L'équipe médicale nous semble de bon niveau, formée à Phnom Pen,  en France et rarement aux États-Unis. Nous sommes plongés dans le Tiers-monde, dans un autre siècle ? 

Le site de Preh Ko
Le site de Preh Ko
Nous retrouvons la majorité du groupe, pour une visite du site de Preh Ko, splendide et immense site, loin d'Angkor Vat.
On y croise un orchestre traditionnel, d'hommes et de femmes, aveugles ou handicapés ou les deux.
Une occasion de nous délester de notre monnaie... 

Arrivés à l'hôtel, un coup de téléphone à Elyeth, lui apprend le décès brutal et inattendu, de sa maman. Tout le groupe est ému aux larmes. Nous lui rendons visite dans sa chambre. Elle est d'une impressionnante dignité dans son malheur. Rita organise de retour prématuré d'Elyeth et de Paul, avec un calme et un professionnalisme hors du commun. 

Malgré notre tristesse, nous nous devons de terminer notre voyage, par la traditionnelle soirée d'adieu. Une fois le repas terminé, et après avoir fêté l'anniversaire d'Irène (tuit ans...), avec un énorme gâteau commandé par Jacky, son mari,  nous remontons dans nos chambres pour revêtir nos plus beaux atours vietnamiens : robes de chambre, étoles, chapeaux pointus, T-shirts, robes, ensembles. Tout le monde est déguisé ; la soirée peut commencer.
L'anniversaire d'Irène  le repas terminé...  Tout le monde est déguisé  la remise des diplômes
L'anniversaire d'Irène et la soirée d'adieu...

Haï a préparé un jeu sur ordinateur portable : nous faire deviner des bouts de photos ; Martine a composé des acrostiches comme sa grand-mère le lui a appris ; Claude nous récite un poème en anglais. Gérard définit, avec humour, chacun de nous ; Rita nous a écrit un petit mot pour nous remercier d'avoir été un "groupe parfait" et, en guise de poème, nous révèle le secret le mieux gardé du voyage : la recette de la bouillabaisse de Cholong, confiée sous le sceau du serment par la cuisinière en chef de l'hôtel à Sapa ; Dani nous pose des charades très sophistiquées ; Jacky K nous raconte une drôle histoire d'assureur ; et pour terminer en beauté, Jacky et Claudine chantent une ode à Rita, sur l'air de Julie-la-rousse : Rita-la-rousse.
Puis nous passons à la traditionnelle remise des diplômes aux médecins congressistes. Une belle soirée arrosée des restes de whisky et de vodka. 

Rita nous donne ses dernières consignes pour le départ. Demain, les valises doivent être devant la porte à 7 heures.
Avant de reprendre l'avion pour Bangkok, une dernière excursion en dehors de Siem Reap, pour une croisière sur le grand lac du pays.
un village flottant  un village flottant
Un village flottant
En route, nous croisons un village flottant,  avec ses maisons fleuries, son école, son dispensaire etc.,  tout sur l'eau. A la saison des eaux basses, tout le village déménage.
Nous montons sur un bateau affrété pour Shai Bar Ilan, pour une promenade trois heures sur ce beau lac, plein de vie artisanale. On y croise des bateaux pleins de légume, de fruits, de vêtements, revenant du marché flottant. On nous montre, l'église catholique flottante, le temple protestant et même la mosquée flottante. Seule manque une synagogue, mais je suis sûr que 'Habad y pourvoira bientôt.
L'élevage de crocodiles
Un élevage de crocodiles
On fait escale pour visiter un élevage de crocodiles, assez impressionnant.
crocodile
Un crocodile...
Au retour, nous visitons un centre de rééducation, où des centaines de jeunes apprennent l'artisanat du bois, de la sculpture, de la peinture, du travail de la soie. La visite se termine par un magasin magnifique où sont vendus les produits de cette école et ceux d'artisans confirmés. On a envie de tout acheter, mais les prix ne sont pas ceux  auxquels nous avions été habitués. Néanmoins, nous ressortons presque tous, avec un petit paquet. Nous retrouverons ce même magasin, un peu plus tard à l'aéroport de Siem Raep. 

Retour à l'hôtel, le temps de vérifier que nous n'avons rien oublié dans nos chambres, et c'est le grand départ, ou plutôt, le début du retour. Un petit stop dans ce beau magasin artisanal, dont je viens de parler, et où les produits de très belle qualité, nous font envie.
Rita ramasse les passeports ; Elle a réussi à faire passer toutes les valises en bloc, ce qui évite les problèmes de surpoids.
Nous quittons ce bel aéroport, avec nostalgie. Nous sentons bien que cette fois, les vacances sont terminées. Le long, long retour commence.  

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Le retour

Premier vol, destination Bangkok : une heure vingt.
Mais nous avons six heures à passer dans cet immense et splendide aéroport. Chacun part de son côté, explorer ce que l'on peut y faire. On trouve des cafés, des glaciers, des magasins de luxe... et à chaque étage, un salon de massage.
Comme nous avons du temps, et que notre première expérience à l'aller, a été fort agréable (foot massage), nous décidons de nous offrir un massage thaïlandais.
Chacun rentre dans une sorte de cabine, séparée par un rideau opaque des autres cabines. Nous sommes dans la pénombre ; une musique douce et aérienne commence à nous détendre. On se déshabille et on enfile un pyjama léger et l'on s'allonge sur un matelas à même le sol. Au bout de quelques minutes, une ombre fluette apparaît. On ne distingue pas ses traits. Le massage commence.
Celui qui s'attend à un massage doux et léger, avec des huiles parfumées, s'est trompé d'adresse. C'est vigoureux, douloureux parfois. Un coude nous triture le dos ; un poing nous laboure la colonne vertébrale ; un pied se cale sous notre aisselle, pendant que notre bras est étiré à la limite du supportable. Je ferme les yeux ; une pause me permet de respirer profondément. Le rythme s'apaise. Ses mains agiles, massent doucement cette fois, ma paroi abdominale, à travers le pyjama. Les cuisses sont malaxées, tambourinées ; puis la plante de mes pieds sont triturés sans ménagement ; chaque orteil a droit à son traitement. Et soudain le calme, la détente ; on sent un bien-être réparateur ; La masseuse s'éclipse, avant que j'aie pu pu voir son visage. Je reste allongé, je me détends, je me sens bien. 

Le temps a passé vite. On croise les copains ; on échange des informations sur ce qui vaut la peine d'être fait. On se retrouve tous à l'embarquement, vers vingt heures, sans Mala et Jean-Paul, qui partent se reposer de leurs vacances, à Phuket ; et sans Janine et Claude qui rentrent directement à Paris.
Nous avons faim ! Un claquement de doigts et on nous apporte une caisse de sandwichs, qui sont les bienvenus. Et puis soudain, on se rappelle que les Riveline n'auront rien à manger. Haïm se dévoue et part en courant ave deux paquets, à la recherche de nos deux parisiens. Il croyait savoir où aurait lieu leur embarquement. Il revient bredouille. Que faire ? On se sent responsables de leur survie. Renseignements pris, ils doivent embarquer plus tard que nous, à la même porte. On décide de leur laisser le carton avec deux sandwichs, devant la porte d'embarquement, en demandant aux employés de ne pas enlever ce qui va peut-être leur sauver la vie et en leur décrivant le couple... que vont-ils devenir ? Jusqu'à ce jour nous ne le savons pas.
Les journaux du lendemain ne parlent pas d'un couple découvert inanimé et affamé, dans les allées de l'aéroport de Bangkok... 

Escale à Tachkent

Après six heures de vol, nous atterrissons à Tachkent, dans un froid polaire. On nous confine dans une salle triste, mal éclairée. Un bar minable nous propose des boissons, café, bière, eau minérale. Il y a longtemps que le goût de notre sandwich a disparu et nous crevons la dalle.
Escale à Tachkent  Escale à Tachkent  Escale à Tachkent
Escale à Tachkent

Nous nous installons sur des bancs métalliques glacés, dont la plupart des coussins de molesquine on été arrachés. Chacun essaie de prendre son mal en patience. Irène arrive à se glisser sous les accoudoirs et à s'allonger ainsi, avec son sac pour oreiller. Jacky K a gonflé une minerve en caoutchouc, qui lui tient la tête. Gérard s'est couvert les yeux d'un masque noir et essaie de trouver le sommeil assis. Les yeux nous piquent de fatigue. On essaie, chacun à sa façon, de trouver une position de relaxe. Mais les bancs sont vraiment trop durs. On se lève, on va boire un café crème. On entre visiter le magasin de duty-free, qui vient d'ouvrir ses portes. On ne sait plus quelle heure est-il, sur quel fuseau horaire sommes-nous ?
Rita, en bonne fée qu'elle est, a trouvé un gâteau au chocolat, qu'elle nous distribue avec son sourire habituel. La fatigue n'a pas de prise sur elle ?
Le jour se lève. Sur les montres locales, il est sept heures du matin. On embarque pour notre dernier vol, vers "chez nous" à Lod.
Je crois que tout le monde a dormi, tant l'épuisement était grand.
Nous atterrissons, pas vraiment frais, dans ce bel aéroport qui est le notre.
Après avoir été chercher nos achats laissés en dépôt au service-livraison du duty-free, nous récupérons nos valises bourrées à l'extrême. On se dit au revoir, sans grande émotion, car tout le monde a hâte de retrouver sa maison et son lit. On monte dans un "Nesher" pour Jérusalem, avec les copains de l'aller. Nous sommes quand même un peu tristes de nous quitter ; mais nous savons déjà la date des retrouvailles chez les Hattab. 

Ouf ! Nous voilà à la maison, la tête pleine de souvenirs, d'expériences, de jolies images. Et nous pensons en nous même : à quand, où, et avec qui, le prochain voyage ? 
 
Jacky BRONSTEIN

...qui remercie Dani COHEN, sans laquelle ce texte n'aurait jamais vu le jour. Son travail quotidien et nocturne, pendant toute notre expédition, notant dans un cahier, les faits et gestes au jour le jour, avec précision et humour, m'a grandement aidé dans l'écriture de ce journal, qui se veut être la mémoire de ce si beau voyage. J'espère que les faits et les dates sont exacts. Il se peut que quelques inexactitudes se soient glissées involontairement ici ou là ; que quelques oublis vous aient choqués. Que cela nous soit pardonné.
Merci d'avoir eu la patience de nous lire jusqu'à ce point final. 

 

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