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Hypocondrie

Hypocondrie, un texte d'Amaury Watremez


Amaury
Quand j'étais petit, certes je n'étais pas grand (ah, ah, ah, suis-je spirituel) mais je feuilletais souvent le dictionnaire médical "Vidal" de mon père (un gros livre rouge), qui exerce une profession de santé, quand j'étais persuadé d'avoir une grave maladie. Par exemple, toussant un peu, ayant un point de côté, je souffrais d'une pneumonie voire de la tuberculose, un jour même ayant un bouton mal placé (assez bas, à un endroit ou la chair est délicate et plus sensible) je me découvrais syphilitique, à 10 ans et des poussières, alors qu'il ne s'agissait que d'une piqûre d'araignée un peu trop inquisitrice.
Je rêvais d'aller au ski pour me casser une jambe, comme ça tous les camarades de classe allaient pouvoir signer sur mon plâtre et ça ferait un beau souvenir, ou bien je m'imaginais sur mon lit de souffrances endurant une maladie terrible et pardonnant d'une main faible mais généreuse au prof de maths qui ne pouvait pas me saquer et me collait des sales notes par méchanceté pure, ainsi que tous les profs de maths, il est vrai, qui ne m'ont souri que depuis que je suis passé de l'autre côté de la barrière, et encore leur sourire me fait frémir !
le Malade Imaginaire
Je voyais déjà la jeune fille qui avait refusé d'être ma petite amie pleurant en me tenant la main et moi l'embrassant sur le front comme dans le feuilleton "Anne, jour après jour" qui passait en 1979/80, avec Sophie Barjac, qui m'a bien déçu ensuite en tournant dans "Hôtel de la plage" de Michel Lang. C'était bien.
Maintenant, je suis passé à l'autre extrême, au "syndrome M.A.S.H", comme l'a défini un ami qui souffrait de la même hypocondrie, ce n'est pas une indifférence mais aurais-je des urines rougeâtres (c'est dégoûtant je sais aussi mais c'est l'exemple répugant ad hoc pour appuyer ma démonstration) ou des polypes chatouilleurs (on meurt en quelques jours d'une courte maladie amusante et sympathique et non d'une longue et cruelle affection, Note personnelle : je sais, j'emprunte la blague à Desproges mais elle est drôle) que cela me pousserait plus à abaisser toutes mes limites qu'à me lamenter sur mon sort.

(Note de l'Auteur : Bien sûr, en illustration, le "Malade Imaginaire" s'imposait).

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