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RÉPLIQUES, une émission de Alain Finkielkraut

diffusée sur France-Culture

ALZHEIMER
9 janvier 2016


Alzheimer

"Nous courons sans souci dans le précipice après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir"
(Pensées de Pascal, mort à 40 ans.)

Pour évoquer la maladie d'Alzheimer, Alain Finkielkraut a invité le philosophe empiriste Michel Malherbe dont la femme est atteinte du mal et qui évoque cette expérience intime dans le récit "Alzheimer : la vie, la mort, la reconnaissance", et le médecin-chercheur, directeur du Centre d'études du vivant et président du Comité consultatif national d'éthique Jean-Claude Ameisen.

Dans sa première intervention Michel Malherbe évoque la reconnaissance. En effet la question habituelle qui est posée aux proches dans de tels cas est : Est-ce qu'elle te reconnait ? Or la bonne question est : Est-ce que moi je la reconnais ?
Le regard des malades s'attache à vous et on est prisonnier de ce regard qui n'a pas d'horizon. Or sans horizon il n'y a pas de monde, pas de perspectives, pas de sujet. C'est donc un regard sans sujet ou un sujet vide.
Il incombe à l'accompagnant de procéder à un acte de reconnaissance pour que le regard ne soit plus celui de l'absence mais devienne celui de la présence et de la confiance.
Pour Michel Malherbe la maladie d'Alzheimer est une destruction de la personne et pas seulement de ses capacités.
Pour Jean-Claude Ameisen, médecin-chercheur, président du Comité consultatif national d'éthique, et co-auteur de Les couleurs de l'oubli, ne croire que ce que l'on voit a été une tentation dans la médecine notamment pour l'autisme, la maladie de Sachs, le locked-in syndrome et l'empirisme une source d'erreur.
Pour le cas d'Alzheimer il faut restaurer la personne ce qui induit qu'elle est toujours là.
Que puis-je percevoir de la vie intérieure de l'autre ? Ce que j'en perçois ne peut être la réalité entière. Le problème est comment connaître (et non reconnaître).
Notre impossibilité à imaginer que les malades ont une vie intérieure nous faisait croire qu'ils n'en ont pas. Nous passons un tiers de notre vie à dormir, nous ne pouvons dire que nous n'avons pas de vie intérieure dans ces moments là même s'il n'y pas de conscience et de rationalité.

Invités :

Jean-Claude Ameisen, médecin et chercheur, professeur d'immunologie à l'université Paris VII, président du Comité Consultatif National d'Ethique (CCNE)
Michel Malherbe, professeur émérite, a enseigné la philosophie à l'Université de Nantes.

Lien :

L'éternel singulier - Questions autour du handicap
Jean-Claude Ameisen, Benoît Heilbrunn, Françoise Héritier, Mark Hunyadi
http://www.decitre.fr/livres/l-eternel-singulier-97823568708


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